16 février 1992 – 16 février 2022 : 30 ans après le massacre des chrétiens, les souvenirs restent vivaces

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En janvier 1992, le premier ministre Jean de Dieu Ngunz ferme ”avec force” les travaux de la Conférence Nationale Souveraine, un forum dans lequel toute la nation fondait son espoir pour l’avenir politique du Zaïre.
En effet, après plus de 25 ans de dictature, les Zaïrois, fatigués des affres du parti unique et ravis de refaire contact avec les libertés fondamentales suscitées par l’engagement du président Mobutu, le 24 avril 1990, sur la voie de la démocratie, tenaient à l’aboutissement et à la mise en application des actes de la CNS. Pour une transition harmonieuse de la 2ème à la 3ème République qui symbolisait la rupture avec le douloureux passé national.

Ainsi, chaque tentative d’entrave à cette aspiration profonde de tout un peuple faisait tout de suite l’objet d’une réprobation nationale.

Cette suspension par le gouvernement, sans raison valable, de la CNS avait cristallisé les frustrations et le mécontentement populaires.
Aussi, à l’appel de l’église catholique, des chrétiens, munis qui des rameaux, qui des bougies…, avaient déferlé de toutes les communes de Kinshasa, pour converger vers le point de chute de la manifestation.
Mais c’était sans compter sur la détermination du régime de l’époque à maintenir le statu quo.
Et devant cette impétueuse marée populaire animée de la ferme volonté d’incliner les dirigeants politiques à tenir compte de ses aspirations citoyennes profondes, le pouvoir n’avait d’autre choix que de réprimer dans le sang cette ”marche de l’espoir”.
La Voix des Sans Voix pour les droits de l’homme avait alors parlé de 35 tués et d’innombrables blessés. Mais ce bilan reste jusqu’à ce jour non exhaustif. Qui, dans ce sauve-qui-peut général, face à ce carnage, pouvait se donner la peine de faire le décompte des victimes ?

En tout cas, plusieurs années après, l’angoisse consécutive à cette cauchemardesque journée continuera à hanter l’esprit de tout authentique patriote. Ce 16 février doit rester une alarme permanente qui rappelle à chaque Congolais son devoir d’opposition à toute velléité dictatoriale dans ce pays.

Benji

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