Affaire des Mercenaires : Qui dit vrai entre Alexis Thambwe et Moïse Katumbi?

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Par Erick Bukula

En RDC, depuis près de deux semaines cette affaire fait la une des media locaux et internationales. C’est celle des “mercenaires” que l’ancien gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi, aurait commis à sa sécurité rapprochée.

Dans les après-midi du dimanche 24 avril, alors que la nation congolaise se remettait encore du choc causé par l’annonce de la mort subite du “Roi de la Rumba” Papa Wemba, à Lubumbashi les services de sécurités passaient à l’arrestation des proches de l’ex gouverneur de la province du Katanga, Moïse Katumbi, alors que ce dernier tenait un meeting populaire au stade de la Kenya. Dès le lendemain, ces proches de l’opposant avaient été transférés à la capitale Kinshasa. Parmi eux, l’Américain Darryl Lewis.

Jeudi dernier, toujours en rapport cette affaire des mercenaires, la résidence de Katumbi à Lubumbashi a été encerclée par la police dans le but de l’arrêter. Cela, un jour après que le désormais opposant ait annoncé sa candidature à la présidentielle initialement prévue pour Novembre prochain.

Selon Katumbi toutes ces manœuvres autour de sa personne ont pour objectif de l’empêcher de postuler pour la présidence. “Pas du tout” rétorque le gouvernement congolais via son ministre de la justice, de Garde des sceaux et des Droits humain, Alexis Tambwe Mwamba. Ce dernier révèle plutôt que Katumbi est soupçonné d’avoir recruté des mercenaires sud-africains et américains commis à sa sécurité.

Lors d’un point de presse Mercredi dernier, Maitre Alexis Tambwe avait même affirmé détenir « la preuve documentée que plusieurs anciens militaires américains qui se trouvent actuellement au Katanga sont au service de M. Katumbi ». Des preuves que le ministre ne s’est limité qu’à brandir. Toutefois, en soutient à ses affirmations, le garde des Seaux congolais a fait la révélation que 658 Américains seraient entrés récemment dans l’ex-Katanga. Une arrivé « massive » et suspecte de l’avis du ministre.

Selon le ministre de la Justice, lors des interrogatoires, l’américain Lewis Darry est passé aux aveux. L’ex-élément du US Marines s’est d’abord présenté comme un spécialiste en agriculture venu apporter son expertise à M. Katumbi, dans ses fermes, ensuite comme spécialiste dans le domaine médical avant de “révéler en fin sa véritable identité et son rôle auprès de son mentor”. Toujours selon le ministre, des sources proche du dossier indiquent que M. Lewis Darryl a révélé être à la tête d’un groupe de sept autres mercenaires américains, tous anciens militaires marines avec lesquels ils s’exerçaient à la fois comme garde du corps et agent de sécurité au service de M. Moïse Katumbi.

Á en croire des sources judiciaires citées par le ministre Tambwe, pour faire entrer ces mercenaires au pays, Moïse Katumbi s’est servi de société de gardiennage installées à Lubumbashi, dénommée Pomba One Security, dirigée par son propre garde du corps, Mwashila Frank. Une première vague de ces mercenaires constituée de Lewis Darryl, Nicholson Maurice Alan et de Adames Christopher, tous anciens militaires américains, est arrivée comme invités venant pour une mission médicale. Puis a suivi une autre vague d’anciens militaires américains constituée de Easterling Eugène Rubin, Colman Glen Elen et de Toon Jr Leonard O’Neal.

Des accusations que Moise rejette en block. « Je n’ai jamais recruté de mercenaires », martèle-t-il, précisant que dans son entourage, l’Américain Darryl Lewis est « le seul expert étranger et non armé qui est venu évaluer le dispositif sécuritaire de [sa] protection privée ».

« Comment ces personnes seraient-elles entrées dans le territoire sans que nos services de sécurité ne s’en rendent compte ? » se demande Katumbi, qui, en tant qu’ancien gouverneur, n’est pas étranger au fonctionnement des services de renseignement.

Même son de cloche de la part du gouvernement des États-Unis dont l’ambassade à Kinshasa a qualifié jeudi d’« allégations fausses » les déclarations d’Alexis Tambwe selon lesquelles le ressortissant américain Darryl Lewis serait impliqué dans l’affaire des « mercenaires ».

Tout en rappelant que tous les policiers commis jadis à sa sécurité lui ont été retirés après son départ de la mouvance, Katumbi admet avoir saisi la Mission des Nations unis en RDC, pour garantir sa sécurité.

Moïse sera-t-il arrêté ou pas?

Une chose est sur, l’opposant Katumbi s’attend à une arrestation. Il dit soupçonner des « manœuvres du régime pour tenter de fabriquer de fausses preuves pouvant justifier mon éventuelle arrestation ».

Mais à Kinshasa, les autorités assurent qu’aucune instruction n’a été donnée en ce sens “pour le moment”. Pour le porte-parole du gouvernement Lambert Mende le principal rival du président Joseph Kabila veut « créer de la psychose dans la ville pour attirer l’attention sur lui ».

Qui dit vrai entre les deux camps ? L’avenir nous le révélera. Mais s’il s’avère que le régime Kabila tente de dissuader le populaire Katumbi à se présenter à la présidentielle prochaine, ce ne sera pas facile, vu le tweet de Katumbi en réaction à l’encerclement de sa résidence : Quoi qu’il arrive, je maintiens ma candidature et reste ferme dans mon combat pacifique pour l’Etat de droit. La démocratie gagnera.

Entre temps une enquête a été diligentée par le gouvernement congolais. Celui-ci annonce que des investigations approfondies seront menées à l’endroit de toutes les personnes concernées.  Toutes les personnes y compris Katumbi, les ambassadeurs congolais en Afrique du Sud et aux États-Unis » qui ont délivré des visas aux présumés mercenaires.

Un article de Voice Of Congo

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