Afrique : Alors que le Nigeria se tourne vers l’Occident, Zuma préfère une brigade africaine pour éradiquer le terrorisme.

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Jonhatan Good Luck

S’il est vrai que la quasi totalité des leaders africains sont du même avis que quelque chose doit être fait pour contrecarré la résurgence de la violence sur le continent; une divergence d’opinion existe néanmoins sur la façon de s’y prendre ou avec qui s’y prendre.

La démarcation entre les méthodes d’actions est même beaucoup plus nette entre celle des leaders respectifs de la première et de la deuxième puissance économique du continent.

D’un coté nous avons le Nigéria, première économie du continent, mais aussi l’un des pays les plus affecté par des violences instiguées par des groupes terroristes en l’occurrence le sanguinaire Boko Haram.

Ce pays de l’Afrique de l’ouest tourne de plus en plus son regard vers l’Occident ou en tout cas vers l’extérieur du continent, pour trouver une solution à ce fléau rampant qui sème la désolation sur son territoire depuis plus de 5 ans.

La présence des unités spéciales américaines et britanniques, la rélocalisation vers le Nigeria des forces française basées au Mali ou encore le gage d’une assistance financière consistente de la part de la Chine témoignent d’un penchant du Nigeria pour une aide extérieur.

Et plus récemment, la reunion sur la crise sécuritaire au Nigéria s’est tenue à Paris le samedi 17 mai dernier. Oui, à Paris, en France, Europe et pas à Abuja, Lagos ou tout autre ville du continent concerné.

De plus, à ce meeting étaient réprésentés l’Union Européenne, les Etats-Unis et pas l’Union Africaine (UA). Seul les 5 pays frontaliers du Nigeria s’y était représentés en capacité personnelle.

A la question de savoir la raison de l’absence de l’organisme panafricain à ce sommet qui pourtant concernait l’Afrique, un diplomate français a répondu : “Parce que l’UA ne s’est pas manifestée et que Goodluck Jonathan ne nous l’a pas demandé.”

Un cadre de l’Élysée cité par le quotidien Jeune Afrique pense lui que s’est parcequ’à ce sommet, il était question de coordonner l’action des services de renseignements du Nigeria et de ses voisins or l’UA n’a pas de service de renseignements.

Cela prouve donc que le Nigeria ou plus précisément son président, Goodluck Jonathan fait parti de ceux qui n’ont pas foi en la capacité du continent noir d’assurer même sa propre sécurité.

Et pourtant, le président Paul Biya du Cameroun, l’un des participants au sommet, avait déclaré à l’issue de cette dernière que : “Nous sommes ici pour affirmer notre solidarité et notre détermination à lutter contre Boko Haram, qui est devenu un problème régional, sinon continental”

Là est exactement le point sur lequel s’attelent les leaders de la deuxième puissance économique du continent : l’Afrique du Sud. Pour les successeurs de Mandela, si le problème est continental, il doit être réglé par des acteurs continentaux.

Pour le président sud-africain Jacob Zuma, le sommet de Paris et la promesse par plusieurs Etats occidentaux d’assistance pour lutter contre le groupe islamiste, ne sont que des manifestations du mépris qu’a l’Occident à l’égard de l’Afrique.

“Il est crucial de construire une UA forte et bien équipée pour prendre en charge la promotion de la paix, la sécurité et l’avancement socio-économique du continent”. A déclaré le président Zuma lors d’un point de presse tenu le lundi 19 mai dernier.

Il ajoute : “Faisant part de la capacité requise par l’UA est l’établissement de la Force Africaine en Attente qui sera rapidement déployée dans les zones de crise sans délai”.

Pendant ce temps la terreur ne cesse de gagner du terrain sur le continent; le Mali, la Somali, la Centrafique et plus récemment le Kenya sont d’autres pays africains aussi tombés en proie à des groupes terroristes qui n’hésitent pas de prendre la vie de centaines si pas des milliers d’innocents juste dans le but de démontrer combien puissants ils sont!

Deux approches différentes donc pour deux puissances face à un seul fléau qui sévit un même continent. Laquelle prévaudra ou plûtôt laquelle devrait prévaloir? Voilà une question à laquelle les africains doivent bien prêter beaucoup d’importance car les conséquences seront à long terme.

Erick Bukula

Voice Of Congo

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