Afrique du Sud: des pots-de-vin pour s’occuper des dossiers des réfugiés

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Une organisation anticorruption a saisi la justice sud-africaine cette semaine contre plusieurs fonctionnaires travaillant à la préfecture de Pretoria. Ils sont accusés d’avoir demandé des pots-de-vin afin de traiter les dossiers de réfugiés et demandeurs d’asile. Plusieurs centaines de réfugiés se sont plaints auprès de l’organisation Corruption Watch.

« Pas d’argent, pas de papier. Ça se passe comme ça ». Michelle est Congolaise. En arrivant dans le pays en 2013, elle se présente à la préfecture pour régulariser sa situation. Et là on lui demande un pot-de-vin de 130 euros juste pour déposer sa demande d’asile. Il lui faudra des mois pour réunir l’argent. Des mois durant lesquels elle n’a aucun statut.

Fonctionnaires, traducteurs, la corruption démarre dès la porte d’entrée, explique-t-elle. « Même pour rentrer dans le bâtiment, il faut donner de l’argent. Il y a des policiers qui sont dehors en tenue civile, il y a aussi de la sécurité privée. Donc, il faut de l’argent pour pouvoir rentrer », raconte-t-elle.

« Il m’a dit : Vas-y, tu ne comprends rien, donc si tu n’as pas l’argent, tu n’auras rien. Je suis rentrée et pendant quatre mois je ne pouvais même pas sortir parce que j’avais peur d’être arrêtée par la police », se souvient-elle.

Au total, Michelle aura dépensé près de 400 euros pour obtenir des papiers qui normalement sont gratuits. Elle s’en sort bien, explique Leanne Govindsamy de Corruption Watch. Certains demandeurs d’asile dépensent des fortunes et attendent des années avant de recevoir leur papier. « Il y a un tel niveau d’exploitation, les fonctionnaires peuvent demander de 10 euros jusqu’à 100 euros selon le permis que vous voulez. C’est une somme énorme qui vient compléter le salaire de ces fonctionnaires »,

Corruption Watch – qui a reçu des centaines de plaintes – s’inquiète de l’ampleur du phénomène. Et face au manque de réaction des autorités, l’organisation a décidé de saisir la justice.

Un article de RFI

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