Ballades poétiques: À Kintambo Magasin

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À Kintambo Magasin, deux mondes croisent: l’un riche et opulent, l’autre pauvre et avili. Deux gens à pieds qui rencontrent d’autres roulant carrosses. Des femmes de luxe de Ma campagne qui côtoient les démunies de Binza Village ;

À Kintambo Magasin, elle est vient d’être déçue par son fiancé qui vient de la larguer au bord du boulevard du 30 juin. Vers Magasin, alors qu’elle cherche éperdument un taxi pour rentrer à l’UPN, une jeep la prends en auto stop. Il s’agit d’un riche veuf qui cherche une femme en mariage. Nous venons d’assister à une nouvelle idylle;

À Kintambo Magasin, elle a dit à son mec qu’elle est chez son oncle. Pourtant, elle a rendez vous dans une resto à la mode: facebook. Elle arrive au bras de son nouveau prince charmant rencontré sur facebook. Et qui voit elle? Juste en face d’elle, son mec avec ses collègues de travail qui la regardent avec dédain. Facebook m’a tué, marmonna-t-elle;

À Kintambo Magasin, elles viennent de camps Luka et déposent leurs bassines remplies des poissons avec multiples arêtes et des chikuangues coupées en tranche. Directement, elles sont envahies par des clients qui dans peu de temps sont comme zombifiés avec des yeux rouges sans doute provoqués par le piment très piquant qui assaisonne le poisson vendu par ces dames. Un journaliste en panne de reportage s’est saisi de ce phénomène. Et demain matin après la diffusion d’un reportage insolite. Un plat vient de rejoindre la gastronomie congolaise : Evida Badi/ l’absorbeur de foufou;

À Kintambo Magasin, il s’appelle Dembo. Accusé par sa marâtre d’être sorcier, il a été chassé du toit familial et depuis l’âge de 8 ans. Il dors à la belle étoile. Coordonnier, vendeur ambulant, Lockeur, mendiant, voleur, etc. Il en a fait des métiers. Aujourd’hui, il a 28 ans, il vit toujours dans la rue avec sa femme sans abris comme lui et 2 enfants. Ils trainent à longueur des journées en faisant toute sorte des petits métiers et le soir, la petite famille se retrouve autour d’une soupe des fretins et une grosse boule de foufou dans un wagon délaissé de l’ancienne gare de Kintambo ;

À Kintambo Magasin, il est conseiller du ministre et vient de détourner près de 300.000$ qui prive tout un village de l’eau potable. Il songe déjà à sa maitresse qui l’attend impatiemment dans un hôtel à Mimosas. Le temps de s’arrêter devant un feu rouge et descendre la vitre pour appeler un vendeur des cartes téléphoniques. De l’autre côté, Mangani lui soutire son attaché case rempli des billets verts. Le voilà en pleine course dans les dédales des petites rues de Kintambo sous l’œil hébété du public. Personne ne suivra le fripon. Un voleur volé, ça ne fait pleurer personne ;

À Kintambo Magasin, elle est jeune et belle. Elle porte une mini jupe laissant entrevoir ses cuisses jaunies et une blouse qui laissent transparaître les deux airbags exposés à la nastou. Lui, il vient d’être engagé dans une entreprise après 10 ans de chômage. Il veut tenter sa chance avec cette fille joviale avec qui elle jouera aux trapèzistes dans son studio à Pompage. Après une entrevue, la fille accepte de l’accompagner chez lui. S’il savait que hier elle venait juste de récupérer les résultats de son dépistage au VIH et qu’elle était séropositive. L’avenir d’un homme se jouera dans quelques minutes ;

À Kintambo Magasin, il est chauffeur et depuis un certain temps, il ne rentre plus chez lui à la maison. Sa femme a décidé de le suivre au parking où il a l’habitude de garer son taxi. La dame accompagnée de ses enfants a eu la surprise de sa vie. Son homme flirte avec sa petite sœur dans une gargote du coin appelée : Boma Libala/ détruisez votre mariage ;

À Kintambo Magasin, les uns cherchent la vie, les autres en ont déjà trouvé. Les lumières des lampadaires éclairent les horizons des uns et les embouteillages assombrissent ceux des autres. Les gens errent, les gens flirtent, les gens cherchent, les gens galèrent, les gens ont l’air pressé de rentrer chez eux. D’autres ne rentrerons pas, Kintambo Magasin est leur demeure, leur chez eux. Ils y sont nés et en mourront sûrement.

Par Bishop Mfundu

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