Cameroun: L’opération Épervier prend de l’altitude avec la mise aux arrêts d’un ministre en fonction.

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Depuis son inception en 2006, l’opération “Epervier”, initiée par le président Paul Biya pour mettre fin aux malversations dans les finances de l’état, a déjà fait plus d’une dizaine de victimes dans les rangs des cadres des ministères de l’état camerounais.

Ce lundi 31 mars, l’Épervier a atteint une nouvelle altitude avec la détention provisoire du ministre de l’enseignement secondaire Louis Bapès à la prison centrale de Kondengui par ordre d’un juge du Tribunal Criminel Spécial (TCS).

M. Bapès est accusé de détournement de prés de 100.000 dollars pendant ses 30 ans comme directeur général de la

Magzi (Mission d’ aménagement et des gestions des zones industrielles) et 10 ans comme ministre d’état.

Le cas de M. Bapès est une première en ce qu’il occupe encore ses fonctions ministerielles. Ce qui sous-entend qu’il jouit jusqu’à une certaine mesure de l’immunité de poursuite judiciaire.

A cela, le porte-parole du gouvernement, M. Issa Tchiroma Bakary clarifie que le juge de la TCS dispose des outils légaux nécessaire pour léver l’immunité du ministre.

“En application du pouvoir que lui confère les dispositions de l’article 222 al 1er du code de procédure pénale, le juge a donnée main levée d’office du mandat de détention provisoire à l’encontre du susnommé” avait-il déclaré à la presse le lundi dernier.

“Le juge d’instruction peut à tout moment et jusqu’à la clôture de l’information judiciaire d’office donner main levée du mandat de détention provisoire” avait-il ajouté.

Les ennuis du ministre Bapès avec la justice camerounaise étaient bien prévisible d’autant plus qu’un bon nombre de ses proches collaborateurs étaient déjà soit dans le collimateur des enquêteurs soit incarcérés pour la même affaire.

On peut cité entre autre la défunte ex-sécretaire d’état du ministre, Cathérine Abéna, l’ex-inspecteur des services Nicodème Akoa Akoa et même le propre neveu du ministre Hilaire Njewu qui était chef de la cellule de communication du ministère de l’enseignement secondaire.

Le ministère de l’éducation secondaire n’est pas le seul département de l’état à avoir été nettoyé par l’opération Epervier, l’ex-sécretaire général de la présidence Titus Edzoa, l’ex-ministre des postes et télécommunications Mounchipou Seydou viennent juste de retrouver leur liberté après 17 ans de prison pour détournement des fonds.

L’ancien premier ministre Ephraïm Inoni, l’ex-ministre des finances Polycarp Abah peuvent être ajouter à la listes des proies de l’ Epervier.

Bien que le chef d’état Paul Biya a accordé la grâce présidentielle à certain de ces anciens cadre de l’état, nombreux sont ceux qui considèrent ces incarcerations comme un reglement de compte entre le président et ses lieutenants insubordonnés.

Erick Bukula

Voice Of Congo

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