Congo-Brazzaville : Un président illégitime à tout point de vue ?

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sassou nguesso


Officiellement, Denis Sassou Nguesso a remporté l’élection présidentielle avec plus de 60% des voix devant son ancien ministre Guy Parfait Kolelas et le général Jean-Marie Mokoko. Les résultats officiels donnés par la Commission électorale ont été validés vendredi dernier par la Cour Constitutionnelle dans un climat de terreur. Pour plusieurs acteurs, le président sortant voulait être élu au premier tour. Cela a été exécuté par la Commission électorale qu’il a d’ailleurs mise en place de façon unilatérale.

Mais les résultats publiés par l’opposition congolaise qui avait mis en place une commission technique, à partir des procès-verbaux obtenus dans les différents bureaux de vote, donnent Sassou Nguesso perdant dès le premier tour. Ces résultats créditent Guy Parfait Kolelas de 30% des voix et Jean-Marie Mokoko de 28,6% des suffrages exprimés.
Une confrontation qui discrédite la victoire proclamée de Denis Sassou. Plusieurs autres candidats à l’élection présidentielle ont également dénoncé des résultats frauduleux proclamés par le régime en vue du maintien d’un président qui voulait s’offrir un pouvoir à vie.

Sassou Nguesso doit forcément se poser des questions sur sa légitimité internationale qui a pris un sérieux coup. Même son voisin de l’est, le président RD congolais, Joseph Kabila ne s’est toujours pas prononcé sur son élection. Il a dû dépêcher à Kinshasa cette semaine, son ministre des Affaires étrangères pour inviter Joseph Kabila à participer à son investiture.

On constate depuis quelques années que l’Afrique cherche à s’émanciper vis-à-vis de la communauté internationale en matière électorale. Les présidents africains brandissent souvent la souveraineté de leurs pays pour se donner une légitimité. Mais par la même occasion, les messages de félicitation de la communauté internationale et des partenaires sont brandis le plus souvent pour justifier la transparence d’un scrutin.
De ce point de vue, Denis Sassou-Nguesso, clairement mal élu, est en manque de légitimité. Très contesté à l’interne où il souffre déjà d’un problème de légitimité populaire, Sassou qui cumule plus de 32 ans de pouvoir à la tête du Congo, a du souci à se faire sur le plan international.

Il est certain que les pays africains n’ont plus besoin d’agir au gré des occidentaux et d’autres partenaires. De plus en plus d’africains appellent à un continent émancipé qui prouvent pouvoir évoluer sans les autres. Mais cela devra être certainement dans le bon sens notamment sur le plan du développement, de la bonne gouvernance, de la transparence et non des élections truquées, fraudées dans le seul but de s’offrir un pouvoir à vie.

Il est aujourd’hui impossible d’évoluer à vase clos en cherchant à se départir de l’avis des partenaires traditionnels et de la Communauté internationale qui accompagnent depuis belles lurettes les pays africains dans leur quête de la démocratie.

S’il est vrai que le Congo n’a plus besoin d’évoluer aujourd’hui en tenant compte uniquement des règles dictées par ses partenaires traditionnels, il n’en demeure pas moins vrai qu’une élection comme celle qui s’est déroulée dernièrement dans le pays souffre de beaucoup de chose et Sassou Nguesso aurait aimé se faire légitimer par ces partenaires.

Roger MUSANDJI

Oeildafrique.com

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