CPI contre El Béchir : Kabila déjoue le piège

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Kabila et Bashir 2

Un sujet s’est invité au 17ème sommet du Comesa de Kinshasa : la présence d’Omar El Béchir. Bon élève de la Cour pénale internationale, ONG et la CPI ont embouché la trompette de l’arrestation du président soudanais par la RDC en exécution d’un mandat de la CPI. Membre actif de l’UA, la RDC était donc liée au mot de cette organisation : El Béchir est libre de tout mouvement sur le continent. L’absence de diplomates occidentaux au sommet n’a pas fait bouger d’un iota le président Kabila qui a décidé de déjouer le piège!

La cérémonie d’ouverture du sommet du COMESA a connu son point d’orgue avec la passation du flambeau entre l’Ougandais Museveni et le Congolais Joseph Kabila. Désormais, c’est le président congolais qui présidera aux destinées du COMESA. Pour ce 17ème sommet qui réunit neuf chefs d’Etat et de gouvernement l’enjeu est de taille. Le thème donne la dimension des attentes « Consolidation des échanges intra COMESA en développant les micro, petites et moyennes entreprises ». La Zone de libre échange souhaitée par les Etats membres fait du chemin. L’idée prend forme et pourrait se traduire en réalité.

Mercredi 26 février 2014, à la cité de l’Union africaine de Kinshasa, Joseph Kabila a pris l’engagement de poursuivre les efforts de consolidation des échanges intra COMESA par le développement des micro, petites et moyennes entreprises. Le chef de l’Etat congolais a, dans la foulée, rassuré quant à la restauration en cours de la paix dans la province du Nord-Kivu. La défaite militaire de la rébellion du M23 en novembre 2013  et la traque des « forces négatives » par les FARDC qui se poursuivent, vont s’intensifier jusqu’à obtenir une paix durable.

S’agissant des avantages attendus du COMESA, Joseph Kabila accorde une importance particulière à l’adhésion par la RDC à la zone de libre-échange. Dans cette perspective, les ministres de l’Economie et des Affaires étrangères ont élaboré « un projet de loi portant adhésion de la RDC à la Zone de libre-échange du COMESA ». Pour une opérationnalisation rapide, le gouvernement va « se réunir d’ici peu pour adopter le projet de loi qui sera ensuite envoyé au Parlement pour que les deux Chambres puissent le voter», affirme une source officielle.

La rencontre au sommet, qui s’est ouverte hier, va se poursuivre et se clôturer ce jeudi. Selon les sources proches de la cité de l’UA, elle va porter essentiellement sur la consolidation du commerce au sein de cet espace économique à travers le développement des petites et moyennes entreprises.

« TRANSFORMER SUR PLACE » LES RESSOURCES NATURELLES

Le président sortant, l’Ougandais Yoweri Museveni a, dans son discours d’ouverture, souligné la nécessité de « transformer sur place » les ressources naturelles des pays membres du COMESA pour leur donner une plus-value. Pour illustrer son propos, Kaguta Museveni a cité le café dont l’exportation profite plus aux populations des pays importateurs qu’à celles de l’Ouganda. « Vendu 1 dollar le kilo par les producteurs locaux,  le café transformé en Occident leur est revendu à 15 dollars », a-t-il révélé. En clair, a-t-il dit en substance, « l’Ouganda donne, pour 1 kilo de café, 10 dollars au pays importateur ».

Le chef de l’Etat ougandais a également cité le cas du pétrole du lac Albert qui, depuis 2007, reste inexploité par des sociétés pétrolières étrangères réclamant d’exporter le brut plutôt que de le raffiner sur place, comme continuent de l’exiger les autorités de Kampala. Il a, par ailleurs, rappelé le plaidoyer qu’il a mené durant son mandat à la présidence du COMESA en faveur des « infrastructures », afin que tous les pays de la région soient reliés par route ou voie ferrée.

UN GROS NUAGE : LA CPI CONTRE BECHIR

Un gros nuage a failli gâcher la fête sous-régionale. Imposée par la CPI, le sujet sur l’arrêt et le transfert du président soudanais Omar El Béchir s’est invité, sans crier gare. Ce sont 88 ONG congolaises qui ouvrent les hostilités la veille. L’arrivée du président soudanais, estiment-elles, est l’occasion pour « le bon élève » de la CPI qu’est la RDC d’exécuter le mandat émis par cette instance judiciaire internationale. Sans ambages, ces ONG exigent « l’arrestation immédiate du président soudanais, poursuivi pour crimes contre l’humanité ».

Pour ces ONG, la tâche doit être exécutée par les autorités congolaises conformément aux engagements pris dans le cadre du Traité de Rome. Pour rappel, deux mandats d’arrêts internationaux ont été émis respectivement en 2009 et en 2010,  contre Omar el-Béchir pour sa responsabilité « en tant que coauteur ou auteur indirect » des crimes graves commis notamment au Darfour, dans l’Ouest du Soudan. Comme pour enfoncer le clou, la procureure Fatou Bensouda de la CPI a invité le 25 février, la chambre de la Cour de rappeler à la RDC son « obligation permanente » de coopérer en vue de l’arrestation des personnes poursuivies par l’institution pénale internationale. Rassurée par les bonnes dispositions de la RDC dans les cas précédents, la procureure près la CPI caressait  l’espoir de voir la RDC « cueillir » Omar El Béchir et le livrer à La Haye.

L’AFRIQUE D’ABORD

Bien que délicate, la marge de manœuvre de la RDC était sensiblement réduite en lien avec le cas Omar El Béchir. L’Union africaine avait déjà levé clairement l’option de ne point porter la main sur le président en fonction au Soudan, malgré les poursuites engagées contre sa personne par la CPI.

Le président Béchir ne pouvait se permettre le déplacement de Kinshasa qu’après discussions préalables avec les autorités de Kinshasa. Il ne fait l’ombre d’aucun doute  qu’Omar El Béchir ne s’attendait pas à une surprise désagréable au bas de la passerelle. « C’est une situation bien délicate », admet Lambert Mende. Le porte-parole du gouvernement congolais demande aux ONG qui réclament l’arrestation d’Omar el-Béchir de « comprendre que la RDC a non seulement des obligations auprès de la CPI, mais également auprès du COMESA qui a invité le président soudanais dans la capitale congolaise ».

KABILA DEJOUE LE PIEGE

La CPI espérait-elle mettre en difficulté Joseph Kabila et le gouvernement lors de ce rendez-vous de Kinshasa ? Initier quoi que ce soit contre Omar El Béchir à Kinshasa équivalait à monter toutes les Etats membres de l’UA contre la RDC et ses dirigeants. C’était aussi l’occasion rêvée pour démontrer à la face du monde qu’en RDC les élites n’ont pas la capacité de faire face à la pression.

La CPI qui dispose des moyens conséquents a ainsi tenté de pousser la RDC à la faute. Un nouveau front du nord avec comme belligérant le Soudan n’aurait bénéficié en rien à la RDC. En réservant une fin de non recevoir à cette requête, Joseph Kabila a préservé en priorité les intérêts de son pays, de la sous-région et de l’Afrique en général. La posture adoptée, celle de faire la différence entre l’invitation du COMESA et « l’obligation permanente » de la RDC, est salutaire.

Le président de la République et l’ensemble des institutions ont opéré le choix stratégique de mécontenter la CPI au profit des intérêts de la construction de l’unité du continent africain.

 

2 COMMENTS

  1. – Les KANAMBISTES honte sur vous , hone sur vous, VOICI encore une preuve que KANAMBE est un vrai sujet étranger à la RDC.
    – Il est prêt à arrêter en précipitation les citoyens congolais pour les envoyer à la CPI, soi-disant que la CPIE avait envoyé un mandat d’arrêt international… les cadres de MLC des vrais congolais étaient victime du pouvoir de l’éétranger KANAMBE.
    – ALors pourquoi ce même KANAMBE n’a pas pu appliquer cette loi soi-disant de la CPI pour arrêter et transferer ce Président voyou ?, deux poids, deux mesures.
    – Honte, honte sur vous les KANAMBISTES
    – Le pays est occupé par des rwandais et des voyou dont le N°1 est KAMABE …

  2. Will ICC ask the congolese or Sudan to arrest Joseph Kabila to ICC when his time arrive to be there? To arrest this person as a Congolese will bring more trouble to Congolese, Congolese are a member of ICC, I accept that, but for the Congolese relationship with others Africa country, I don’t think if this will be Congolese duties to do this even we are member of ICC…. The other way, the ICC can do this is to send the UN army in the location where this president locate.

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