Crise économique. RDC : Matata pour une cure d’amaigrissement budgétaire !

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Matata

 

*Quatre mois après que le Président de la République ait promulgué le Budget de l’Etat pour l’année 2016, le Premier Ministre, qui exécute sa vision, a repris le chemin du Palais du Peuple, siège du Parlement, pour solliciter un correctif budgétaire. Lundi 16 mai dernier, Augustin Matata s’est présenté devant les Députés à l’Assemblée nationale avec des prévisions de 2 milliards de dollars en moins. Officiellement, son Budget passe de 8 à 6 milliards de dollars américains.

Le Premier Ministre a justifié sa démarche par des fluctuations économiques dans le pays suite à des chocs exogènes et endogènes. L’économie du pays connaît un ralentissement et un dépérissement des recettes. Le taux de croissance, projeté à 9%, a reculé pour s’évaluer actuellement à 6,6%. Dans la pratique, cette situation se traduit, pour le moment, par une baisse de 30 % du train de vie. Le Ministre d’Etat au Budget a signé une circulaire, en début du mois, qui instruit les sous-gestionnaires de crédits de veiller à ce que des coupes de 30 % soient opérées à la source, à titre d’impôt sur les rémunérations, les primes, les frais de mission et les frais de fonctionnement.  Comme il fallait s’y attendre, les Députés ont réagi en nombre. Les uns, à l’instar de Boris Mbuku, ont relevé beaucoup de disparités dans le niveau d’exécution du Budget au premier semestre. Le fait, par exemple, que la Primature soit déjà à plus de 400 % de dépassement, que le Sénat ait consommé 94 % des crédits lui alloués, que  l’Assemblée nationale, bonne élève, ne soit qu’autour de 54 %, etc. En même temps, il a été donné  d’apprendre que certaines structures ou institutions sont au bas du tableau. C’est le cas du pouvoir judiciaire qui n’a même pas consommé plus de 10 % de ses crédits. L’Enseignement Technique et Professionnel fait aussi figure de parent pauvre.

La liste de  structures est longue, les statistiques nombreuses. D’autres Députés ont fustigé la dépendance du pays aux matières premières exportées. Autrement dit, l’incapacité du Gouvernement à diversifier l’économie de la RDC.  Mais, le Premier Ministre, qui doit rentrer 24 heures après à l’Assemblée nationale, n’a pas grand-chose à craindre pour se maintenir dans son fauteuil. Avant même qu’il n’ait fourni des éléments de réponse aux préoccupations des Députés, plusieurs élus de la Majorité avaient demandé à la plénière de déclarer recevable le correctif budgétaire. Précision de taille. Il  ne s’agit pas, ici,  d’une reddition des comptes. C’est, plutôt, un projet de Budget à examiner et à adopter.

Néanmoins, on ne peut s’empêcher de chercher à se faire une idée sur les secteurs qui seront concernés par ces coupes budgétaires drastiques. La Commission Economico-financière de l’Assemblée nationale aura du travail à faire. Il faut s’attendre à des grincements de dents. Car, il n’est pas facile de se serrer la ceinture.

Un article de La Prosperite

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