« EFFONDREMENT DU PONT MAMAN BADILA», L’AUTOPSIE D’UNE TOUR DE BABEL À LA CONGOLAISE ! »

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– En prévision des élections 2023 en RDC, très souvent notre pays devient une République des « Bons Samaritains » et des Pères Noël.”

Des ONG par – ci, par – là… Et ce dans le but d’acheter la conscience des électeurs naïfs qui affichent une attitude des êtres assez pusillanimes.

Des gens affamés qu’on leur donne du pain pour vendre leurs voix citoyennes. Des « Ésaü » du temps moderne quoi. Il suffit qu’on leur donne seulement un T- shirt avec l’effigie du candidat en plus1000 francs transfert congolais de transport … Le deal est vite conclu.

Surtout avec les révélations fracassantes de ces derniers jours selon lesquelles un député congolais moyen toucherait officieusement 21 000 dollars.

La course à la députation n’a jamais été aussi coriace comme aujourd’hui. On croirait vivre la vie du Paradis à Kinshasa… pour de nombreux députés devenus des affairistes. De nos jours au Congo – Kinshasa, la seule profession qui paye mieux, c’est la politique. Si tous les chemins mènent à Rome…

Au pays de Lumumba, tous les chemins mènent à l’hémicycle de Lingwala ( au Palais du Peuple). Journalistes d’investigations, footballeurs, musiciens, dirigeants sportifs, comédiens, activistes des droits de l’homme, avocats, pasteurs, médecins, ingénieurs… Tout le monde en rêve de devenir député.

C’est dans cette optique que Madame Hurlaine Badila Mosengo s’est lancée elle aussi en politique. À travers son ONG « DJCEP » (Debout jeunesse congolaise élevons notre pays), elle fit d’une pierre, deux coups – D’une part, rendre visible ses activités par le biais des actions de terrain notamment dans le volet social voire du développement communautaire.

D’autre part, préparer le terrain en vue des échéances électorales pour formater les esprits de son électorat par des dettes morales de travaux accomplis. Sauf que la pensée de Dieu diffère à celle des hommes. Comme dit Koffi Olomide, Lazarre après sa résurrection par le Fils de l’Homme. Il croyait qu’il vivrait éternellement sur cette terre. Or, c’était une grosse erreur de sa part. Il était mortel comme tout être humain.

Le week-end dernier, Maître Hurlaine Badila Mosengo avait convié la presse congolaise et sa base à un grand événement. Réputée proche des idéaux Katumbistes, celle qui s’affiche comme une dame de fer prît la parole devant une foule qui a répondu présent.

La scène se déroule à Zamba Météo dans la commune de Mont Ngafula. Habillée très relax, pantalon jeans et veste sur mesure, à l’intérieur t-shirt avec son effigie le même fond dont on a vu également auprès de certains de ses militants par leur accoutrement, Maître Hurlaine explique la raison pour laquelle le public est là… Il s’agit en fait de l’inauguration d’un pont qui porte son nom qu’elle a fait construire pour aider la population de cette contrée … Elle était entourée de sa garde rapprochée ainsi que des éléments de l’armée nationale parmi eux – l’un tenait une bouteille de champagne prévue au moment de la coupure du ruban symbolique de cette cérémonie.

En l’absence des autorités congolaises, en vue de donner un sens à ce cirque ou crédibiliser cette démarche…

On était allé débusquer le chef du quartier « Lubudi » chez lui.

Le vieux avait longtemps hésité à venir. Cette question « Y aller ou pas ? » taraudait son esprit. C’est le jour – j que les émissaires de maître Hurlaine ont pu rencontrer le chef du quartier.

Après une longue causerie sur le « Madesu ya Bana » le vieux père a accepté finalement de rehausser de sa présence cette manifestation.

Mais avant tout, il avait exigé d’être payé rubis sur l’ongle. Quant au chef coutumier, le représentant de teke – humbu, lui s’est invité tout seul avec sa bouteille du vin de palme (Lungwila) qu’il aurait emprunté chez une maman qui vendait au coin. Il espérait après la cérémonie obtenir de l’argent auprès de maman Badila pour payer sa dette.

Le décor est planté. Il ne restait qu’à couper le ruban. Sur le pont, il y avait plusieurs personnes.

À première vue, on sentait qu’il y avait un ça ne va pas.
Le regard dubitatif du chef de quartier en disait long. Malgré cela, Maître Hurlaine ne prêtait aucune attention. Sourire aux lèvres, elle se disait en son for intérieur – : « Mon tour aussi est arrivé. Qui l’eut cru ? Un pont qui porte mon nom ! ». Au Congo, tout est permis. C’est l’un des rares pays au monde où un individu peut se réveiller un beau matin pour changer le nom d’une rue ou d’avenue en rebaptisant cela en son nom surtout lorsqu’ il est influent au sein de la communauté. Ciseaux à la main, Maître Hurlaine s’apprête à immortaliser ces instants devant les caméras… Soudainement, le pont s’écroula. Des forts craquements sont entendus. Maître Hurlaine est évacuée Manu militari grâce à l’intervention énergétique de sa garde rapprochée.

Le chef du quartier et le chef coutumier téké – humbu sont tombés comme du n’importe quoi, tel dirait le Président Bobo dans le film « Le Crocodile de Botswanga ». C’est la débandade totale. La confusion. Une maman qui était à côté, s’écria : « Euh … Peau yango ! » ( Quel pont ! ).

C’est la Tour de Babel, chacun parlera dans sa langue pour interpréter ce fait indicible.

Mati Osango/Bishop Mfundu

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