Elections en RDC : Hollande met la pression sur Kabila

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Relativement réservé jusque-là sur la question du processus électoral en RDC, l’Elysée s’est ouvertement prononcé hier, jeudi 12 mai, pour une « préparation active et de bonne foi » des élections.

 

Selon la perception de la France, il est toujours possible d’organiser les élections dans le délai constitutionnel. Une vision partagée, par l’ensemble de la communauté internationale, particulièrement les Etats-Unis d’Amérique.

Dans une déclaration lue par le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Romain Nadal, Paris appelle à la bonne foi et surtout à la préparation active des élections.

« La priorité doit aller à la préparation active et de bonne foi des élections, seule source de légitimité populaire. (…) Il appartient aux autorités congolaises d’assumer leurs responsabilités à cet égard a-t-il déclaré. Plus loin, il a déploré que « la dégradation de l’environnement politique et sécuritaire » en République Démocratique du Congo.

 

L’Hexagone encourage également le dialogue entre Congolais lorsqu’il appelle au « respect de l’Etat de droit afin qu’un débat serein s’engagea dans la perspective des élections ». Ce, au moment où Moïse Katumbi, candidat déclaré à la présidentielle, est traduit en justice pour une affaire de « recrutement des mercenaires ».

Au niveau sécuritaire, Paris condamne « avec la plus grande fermeté (…) la recrudescence des exactions » dans le nord-est du pays et appelle les autorités, aidées par les Casques bleus, à « concentrer leurs efforts sur la protection des populations civiles, notamment les plus vulnérables ». Allusion faite ici aux massacres de Beni perpétrés par des rebelles ougandais d’ADF.

 

ENTRE LES LIGNES

Cette dernière déclaration de Paris, surtout en ce qui concerne la tenue des élections, peut être autrement vue comme une pression de François Hollande exercée sur son homologue Joseph Kabila. Il attendrait de lu une accélération du processus électoral pour la tenue des élections dans le délai constitutionnel.

 

Entre les lignes, Paris, qui jusque-là se réservait relativement sur la question du processus électoral en RDC, laisse penser que Kinshasa n’a aucune volonté politique d’organiser le scrutin présidentiel dans le délai constitutionnel. C’est donc une question de « bonne foi ».

 

En 2011, les élections s’étaient tenues dans le délai alors que Joseph Kabila était encore en course. Cette fois-ci, il n’est pas permis par la Constitution. Ce qui ne le presserait pas à mettre le pied au plancher. Surtout que la Cour constitutionnelle vient de déclarer qu’il peut rester en fonction au ca où les élections ne seraient pas tenues dans le délai constitutionnel.

 

Dans l’entretemps, Floribert Anzulumi du mouvement citoyen Filimbi, déçu de cet arrêt de la Cour constitutionnelle, a déclaré, sur RFI, que si, après le 19 décembre (dernier jour de son mandat), Joseph Kabila reste au pouvoir, il sera considéré comme un « Putschiste ».

 

Les membres de la Majorité présidentielle, quant à eux, pensent que la polémique sur la question devrait cesser après cette décision juridique. « C’est une victoire du peuple », s’est réjoui Emmanuel Shadari, député PPRD, un des initiateurs de la démarche auprès de la Cour constitutionnelle sur l’interprétation de l’article 70 de la Constitution. Cette disposition stipule « Le Président de la République est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois. A la fin de son mandat, le Président de la République reste en fonction jusqu’à l’installation effective du nouveau Président élu ».

Par Katz

Un article de Congo Nouveau

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