H-T. Lokondo : « Le projet d’Accord du dialogue est un assassinat pur et simple de la Constitution »

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lokondo HT

La perspective d’un gouvernement de transition et le mode de consensus pour régir les relations entre le gouvernement et le Parlement sont contraires à la constitution.

Le projet d’Accord politique global pour l’organisation des élections crédibles et apaisées, distribué aux « dialogueurs » par le facilitateur togolais Edem Kodjo, met en mal la loi fondamentale. Cette perception émane du député MP Henri-Thomas Lokondo.

Pour l’élu de Mbandaka, ce document consacre l’assassinat pur et simple de l’actuelle Constitution.

« Quand vous lisez le préambule de ce projet, il est affirmé que la Constitution de la République sera respectée dans sa totalité. Mais la suite de ce projet fait tout à fait le contraire », a-t-il déclaré.

Henri-Thomas Lokondo illustre celte contradiction par deux exemples. « Quand le projet d’Accord dit qu’il sera mis en place un gouvernement de large union nationale dont le Premier ministre viendrait de l’Opposition, cela veut dire en d’autres termes, qu’il faut créer une nouvelle majorité dans un jeu de coalition. Et pour identifier cette coalition, le président de la République doit nommer un informateur et ce, conformément à l’article 78 de la Constitution étant donné que notre Constitution ne prévoit pas l’existence d’un gouvernement de transition.., », a-t-il expliqué. Et d’ajouter « Et aussitôt que ce Premier ministre est nommé ainsi que les autres ministres issus de l’Opposition, ils deviennent tous de la Majorité. Et ce gouvernement doit être investi par l’Assemblée nationale ».

De ce point de vue, Lokondo fait remarquer que l’Accord ne prend pas en compte cet aspect. Conséquence, il viole « vigoureusement » l’article 78 de la Constitution. D’où le questionnement « Quelle sera la mission fondamentale de ce gouvernement de large union nationale par rapport au comité de suivi de mise en œuvre des résolutions du dialogue prévu au chapitre XI de l’Accord avec toutes les larges compétences qui lui sont dévolues? Et dire que ce comité de suivi sera composé des représentants de la Majorité, de l’Opposition, de la Société civile, de la Céni, de l’UA, de l’ONU, de l’UE, de la SADC et de la CIRGL… »

Par ailleurs, le deuxième exemple repris par le député national Lokondo éclaire sur la violation, qu’il juge «incroyable » de l’article 100 de la Constitution. C’est cette disposition qui confère au pouvoir législatif le pouvoir de légiférer. Il l’explique en ces termes: «L’article 23 du projet d’Accord dit dans son point f que l’essence de l’Accord étant le consensus; le consensus va régir également les relations entre le gouvernement et le Parlement En clair et en français facile, cela veut dire que le consensus supprime le vote pourtant prévu par la Constitution et les règlements intérieurs de l’Assemblée nationale et du Sénat comme mode d’adoption des décisions, par oui, non ou abstention ». « C’est extrêmement grave », a-t-il conclu.

Par Pitshou MULUMBA

1 COMMENT

  1. Une fois de plus , ce député de la MP s’est exprimé librement en son âme et conscience , en digne fils du pays.
    Ce n’est pas la premiere fois que Mr HT. Lokondo s’illustre pardes prises de position contraire à la ligne de son groupement dans l’nteret de la Nation. Il n’ y a point de malice ni ombre de positionnement en son sein.
    Si la RDC pouvait compter une dizaine des députés de cet acabit , nous n’en serions pas là aujourd’hui !
    HONTE À VOUS LES POLIVENTRES !

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