Kinshasa : libération d’un des jeunes activistes arrêtés

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Un des jeunes arrêtés il y a dix jours à Kinshasa, lors d’une conférence de presse des mouvements citoyens Filimbi, Y en a marre et Balai Citoyen, a finalement été libéré ce vendredi 27 mars dans l’après-midi. Il s’agit de Kadhafi Mbuyamba, un documentariste. Une libération qui a surpris son avocat, Me Sylvain Lumu.

En se levant vendredi matin, Me Lumu espérait surtout pouvoir avoir enfin accès à ses clients. Près de quinze jours après leur arrestation, il dit avoir appris par des sources informelles que ce serait peut-être enfin le cas. Le voilà donc qui fait le tour de la ville, d’une antenne de l’agence nationale des renseignements à une autre. En vain. Et finalement, dans l’après-midi, un coup de fil – non officiel là encore -, aurait évoqué une libération possible.

C’est finalement le documentariste Kadhafi Mbuyamba qu’il voit sortir. Me Lumu affirme que les agents de l’Agence nationale des renseignements (ANR) lui auraient confié que c’est faute d’éléments de preuve contre son client qu’il serait aujourd’hui libéré, tout en demandant à ce qu’il se rende toutes les 48h à l’ANR pour signer une feuille de présence.

 

Aucun interlocuteur officiel

Le ministre de la Justice et le procureur général de la République étaient injoignables vendredi pour confirmer toutes ces informations. Maître Sylvain Lumu affirme aujourd’hui encore n’avoir eu aucun contact avec l’un ou l’autre et ne serait même pas en mesure de confirmer qui parmi les personnes portées disparues sont entre les mains de l’ANR. Près de 15 jours après les arrestations, Maître Lumu se dit aujourd’hui « consterné » de n’avoir aucun interlocuteur officiel.

« Contrairement à ce qui nous a été promis, nous n’avons pas du tout eu accès à ceux que nous estimons être au quartier général de l’ANR, regrette l’avocat. Ça nous plonge dans l’inquiétude. Quel est leur sort, quel est le traitement qui leur a été infligé ? Parce qu’il n’y a aucune autorité officielle qui prend langue avec des avocats, ou qui répond aux questions, tel que cela se passe dans des pays normaux. » Selon lui, les familles ou les avocats sont ainsi obligés de parler avec des personnes « qui n’ont aucune responsabilité et qui vous font promener. »

 

« Nous sommes dans une impasse »

Le porte-parole du gouvernement avait évoqué un temps 10 détenus. D’autres officiels évoquent le chiffre de moins de cinq. Pour Maître Lumu, cette incertitude renforce encore son inquiétude. « Nous avons fait le recours ultime auprès du numéro un, qui a la charge des services de sécurité de la justice, monsieur le procureur général de la République, poursuit-t-il. Et de lui, nous attendons tout. Malheureusement, il ne répond ni aux courriers, ni aux appels téléphoniques, et donc nous sommes dans cette impasse. Ça nous fait craindre des disparitions forcées ou des exécutions extrajudiciaires. »

Pendant ce temps, à l’Assemblée nationale, le président Aubin Minaku a signé l’ordre de mission de 10 jours permettant à 15 députés de la majorité et de l’opposition de lancer une mission d’information sur cette affaire. « Notre premier souci sera de nous mettre en contact avec les autorités pour pouvoir rencontrer les jeunes détenus », explique un député, sous couvert d’anonymat.

Un article de RFI

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