MENACE DE BALKANISATION : La VSV accuse le M23 et le Rwanda de préparer la guerre

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Cette Ong demande expressément au Président Kabila de lancer une mobilisation générale par des marches patriotiques de la population pour la cohésion nationale et de décréter l’état de siège au Nord-Kivu

C’est au cours de la conférence de presse sur sa position face aux enjeux de l’heure hier à son siège mythique, sis avenue des Ecuries à Kinshasa-Ngaliema que l’Ong de défense des droits de l’homme dénommée la ” Voix des Sans Voix” (VSV) s’est exprimée sur la situation du droit à la paix et à la sécurité qui est toujours en péril à l’Est de la Rdc et celle des personnes poursuivies ou condamnées pour des raisons politiques tout comme celles qui sont arrêtées et détenues sans jugement.

     Concernant le premier point qui est la guerre au Nord-Kivu, on a entendu un discours va-t-en guerre à l’égard des agents de la balkanisation de la Rdc. Il s’agit tout naturellement du Rwanda du dictateur Paul Kagame et ses suppôts congolais du M23 qui font la guerre par procuration. Les ténors du staff dirigeant qui trônaient à la tribune dans la salle des réunions  notamment l’activiste des droits humains Dolly Ibefo, directeur exécutif, le politologue Rusten Manketa, 1er directeur exécutif adjoint chargé de l’Administration et le coordonnateur Peter Ntumba, n’ont pas fait dans la dentelle.

     C’est avec peine qu’ils ont réussi à cacher leur colère. Et pour cause. Les informations qui leur parviennent du Nord-Kivu par la Société civile sont toutes alarmantes et mauvaises. C’est depuis quelques semaines que la VSV est saisie des informations concordantes faisant état des préparatifs militaires en vue de la reprise de la guerre entre les deux belligérants à savoir le M23 et les Fardc.

     En ce qui concerne les rebelles, la VSV constate selon les mêmes sources qu’ils sont en train d’amasser les armes et les munitions dans la zone sous leur contrôle et s’attèlent au recrutement des combattants dont des enfants en vue de gonfler leurs effectifs militaires.

     Pour ce qui est du Rwanda, parrain du M23, la VSV constate qu’au lieu de privilégier la politique de bon voisinage et de bonnes relations politiques, diplomatiques et économiques avec la Rdc, il se complait à déployer ses troupes le long de la frontière commune.

     Face à l’imminence de cette énième guerre dont tout le monde sent l’odeur de la poudre, la VSV exprime se crainte et préoccupations pour cette situation qui occasionnerait immanquablement l’accroissement des violations des droits humains et du droit humanitaire international. Pour ce qui est des Fardc, la VSV constate qu’elles tiennent coûte que coûte à protéger et à sécuriser la population congolaise ainsi qu’à défendre l’intégrité du territoire national.

     Tandis qu’en ce qui concerne les Casques bleus de la Monusco qui devraient eux-mêmes constituer une force dite dissuasive contre toute velléité d’attaque de la Rdc sont eux-mêmes menacés d’interdiction par le M23. Ce dernier leur impose une interdiction de circulation dans toute la partie du pays sous son occupation.

     Ce n’est pas tout au chapitre des déboires de la Monusco dont les hélicoptères ont subi à deux reprises des tirs du M23 à Rumangabo et à Kibumba et en toute impunité. Il n’y a donc eu aucune action punitive de la Monusco. La VSV salue aussi le travail de titan abattu par la Société civile du Nord-Kivu tout comme des Ong de défense de droits de l’homme au niveau national ou international pour avoir chaque fois tiré la sonnette d’alarme sur le mouvement suspect des troupes lourdement armées aux frontières de la Rdc et du Rwanda ainsi que sur la partie contrôlée par le M23.

IMMINENCE  DE LA GUERRE

     Tous ces faits dénoncent, si besoin est, l’imminence de la guerre. Par ailleurs la Société civile du Nord-Kivu  est allée loin en demandant au chef de l’Etat  de proclamer l’état de siège. La VSV exige aussi au chef de l’Etat de répondre positivement aux sollicitations des populations en proclamant conformément à l’article 85 de la Constitution l’état de siège au Nord-Kivu.

     Elle rappelle aussi une démarche dans ce sens émanant des élus du Nord-Kivu qui ont tout récemment adressé un mémo au Président de la République en réclamant l’état de siège pour l’Est de la Rdc. La VSV prend en compte tous ces cris de détresse du Congo profond et demande aux autorités congolaises de mener des actions concrètes visant la restauration effective de la paix à l’Est de la Rdc en vue de protéger la population longtemps meurtrie.

     Quant à la cohésion nationale, après les Concertations nationales, la VSV propose au Président de la République de lancer une mobilisation générale à travers des marches pacifiques auxquelles devront prendre part toutes les forces vives de la nation. Ces manifestations pacifiques viseraient à dénoncer le plan de balkanisation de l’est de la Rdc, la déstabilisation de la Rdc et des violations massives de droits de l’homme et du droit international humanitaire.

     Qu’en est-il de négociations de Kampala ? La VSV dit non à toute amnistie en faveur des miliciens du M23 qu’ils considèrent comme des criminels de guerre. Ceux-ci ne doivent bénéficier d’aucune impunité. En outre, il n’est pas question de les intégrer dans les Fardc comme ils l’exigent, ce qui permettrait d’éviter de rééditer le cycle infernal des rébellion-intégration -rébellion.

     Il n’est donc pas question de l’intégration des rebelles mais plutôt leur réinsertion dans la société congolaise. A ce sujet, la VSV félicite le gouvernement congolais pour la publication de la liste de personnes non éligibles à l’amnistie et surtout d’avoir résisté aux pressions pour céder aux revendications du M23 comme l’amnistie et l’intégration. L’Ong de défense d s droits de l’homme est convaincue que la solution politique dont parle la Communauté internationale doit aller dans le sens de aspirations profondes des populations congolaises qui, elles tiennent au désarmement du M23 et à la réinsertion de ses membres dans la Communauté nationale.

     Quant au deuxième volet de la prise de position de la VSV qui est la situation de personnes poursuivies ou condamnées pour des raisons politiques ainsi que celles arrêtées et détenues sans jugement, elle a élaboré une longue liste documentée de ces personnes. La VSV pense que si le chef de l’Etat les libère par une Ordonnance de grâce présidentielle, un tel acte participerait de la décrispation politique. Ce qui serait bénéfique pour la cohésion nationale qui n’est pas encore une réalité.    

Kandolo M.

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