Nigeria : De plus en plus puissant, le Boko Haram traine le Nigeria vers une crise à la centrafricaine.

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Boko-Haram

Le samedi 22 mars dernier, le gouvernement nigérian a annoncé la fermeture de 85 écoles secondaires dans l’état de Borno au Nord-Est du pays. Plus de 120 000 élèves sont ainsi privés d’éducation jusqu’à nouvelle ordre.

Pour raison : la crainte des possibles attaques par les islamistes du Boko Haram, un groupe d’extrémistes musulmans qui sème la terreur dans le nord du pays.

Une raison fondée d’autant plus que près de 700 personnes ont trouvé la mort dans toute l’étendu du pays, suite à plus de 40 attaques perpétrées par ces islamistes depuis le début de l’année en cours.

Depuis leur révélation au monde en 2009, ce groupe n’a cessé d’accroître en puissance et importance malgré des efforts du gouvernement et de l’armée pour le démantelé pour les mater. Des couvre-feux et états d’urgence ont été instaurés au Nord-est du pays en vain.

En 5 ans d’activités, le Boko Haram a multiplié ces attaques et diversifié ses cibles, visant même l’armée comme c’était le cas dans l’invasion d’une base militaire à Maiduguri, capitale de la province de Borno le 14 mars dernier.

Comme le suggère le nom du groupe; Boko Haram signifie l’éducation Occident est interdite en langue Hausa, les membres de ce groupes ont fait des institutions scolaires des cibles fréquentes.

Plus de 800 bâtiments scolaires ont été brûlés par ses ces extrémistes dans l’état de Borno seulement. Des dizaines d’élèves ont été massacrés par coup de balle ou attaques à la hache dans des dormitoirs d’internats pendant qu’ils dormaient dans l’état de Yobe au début de cet année.

Ayant eu une apparence politique dans sa genèse, le Boko Haram s’est révèlé plus tard être un groupe expansionniste religieux dans un pays où chrétiens et musulmans sont également répartis. Le Nord est à majorité musulman et le sud à majorité chrétien.

Plusieurs symboles religieux chrétiens ont fait la cible des attaques du Boko Haram; les attaques quasi simultanées de plusieurs églises dans la ville de Kaduna le 08 avril 2012 qui avaient fait 38 morts. Le 17 juin de la même année, 3 autres églises chrétiennes du Nord du pays avaient été attaquées à la bombe, avec comme résultats 12 morts et 80 blessés.

Toujours en 2012, le 7 août, dans l’état de Kogi, l’Eglise chrétienne Deeper Life Bible avait été prise d’assaut à la mitraillette par des membres du Boko Haram. 19 personnes y avait péris.

Deux années consécutives, le jour de Noël, qui marque la naissance du christ pour les chrétiens, avait été marqué par des violences sectaires instigué par le Boko Haram, faisant 37 morts et 57 blessés à l’église Catholique St Thérèse de Madalla en 2011 et 12 morts dans des églises chrétiennes différentes en 2012.

Ces cas de massacres cités ci-dessus exposent les nombreuses similarité existant entre le Boko Haram et le Séléka de la République Centrafricaine ou les Ansar Al-sharia du Mali. Tous militent pour l’institutionnalisation de la Sharia et n’hésitent pas à tenter un coup de prise de pouvoir par force pour arriver à leur fin.

Il suffirait de la formation d’une milice chrétienne pour qu’on puisse avoir affaire à un scénario comparable à celui de la République Centrafricaine où les affrontements entre les chrétiens Anti-Balaka et les musulmans Séléka ont poussé le pays au bord d’un génocide.

Au vu du succès, tant bien que temporaire des Séléka et Ansar Al-Sharia dans leur pays respectifs, le gouvernement nigérian devrait commencer à prendre au sérieux la menace du Boko Haram, chose qu’il n’ont pas fait jusque là.

Lors de la toute première attaque des islamistes du Boko Haram, le 26 juillet 2009 dans l’état de Bauchi, qui avait fait 50 morts, le président de la république à l’époque, Umaru Yar ‘Aduo avait déclaré : “je veux insister sur le fait que ce n’est pas une crise inter-religieux et ce n’est pas un groupe Taliban qui attaque les forces de l’ordre”.

Ces propos se sont révélés être aussi trompeur aujourd’hui qu’ils l’étaient à l’époque d’autant plus que les assaillants se comptaient à près de 70 et été munis des grenade. De plus, leur cible était un commissariat de police. Là sont tous les traits d’une insurrection.

Une armée disciplinée et bien équipée peut avoir été l’atout qui a jusque là empêché le Nigéria de devenir une autre Mali ou Centrafrique. Mais avec cette montée en puissance comme le témoigne l’intensification et diversification de leurs attaques, le Boko Haram pourrait bientôt être capable de déstabiliser la deuxième puissance économique d’Afrique.

Le Nigéria a déjà enlisser l’aide du Cameroun, il serait bien dans son intérêt de faire la demande aux autres pays de la région et pourquoi pas aux Etats-unis ou la France, qui ont l’expérience dans la lutte contre le terrorisme.

Erick Bukula

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