Obama fait de la RDC une urgence

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Barack Obama, président des Etats-Unis/Ph. Droits tiers

 

Dans un message au Congrès américain. Dans un message daté du 8 juillet 2014 et adressé au Congrès américain, Barack Obama fait mention des sanctions financières contre certains dirigeants congolais et étrangers impliqués d’une manière ou d’une autre dans le drame de l’Est.

En clair, les Etats-Unis ont décidé de mettre un terme aux conflits meurtriers qui minent l’Est de la RDC et en font une urgence.

Les Etats-Unis ont pris à bras-le-corps le problème congolais. A Washington, le drame qui s’abat sur l’Est de la RDC « constitue une menace inhabituelle et extraordinaire pour la politique étrangère des États-Unis ». Barack Obama, président des Etats-Unis d’Amérique, ne s’en cache pas. Il multiplie des initiatives, aussi bien en interne qu’à l’étranger, pour marquer la rupture avec une certaine politique africaine de son pays, particulièrement dans la région des Grands Lacs.

Dans un message adressé le mardi 8 juillet 2014 au Congrès américain, Barack Obama s’attarde spécifiquement sur la situation qui prévaut en RDC. Il donne des instructions précises aussi bien au département d’Etat américain qu’à celui du Trésor pour prendre des mesures qui s’imposent en vue de mettre fin au drame congolais.

Le président américain motive sa décision en ces termes : « Compte tenu de plusieurs résolutions du Conseil de sécurité supplémentaires des Nations unies, y compris, plus récemment, la Résolution 2136 du 30 janvier 2014, je délivre l’ordre de prendre des mesures supplémentaires pour faire face à la situation d’urgence nationale déclarée dans EO 13413, et à la question du maintien des activités qui menacent la paix, la sécurité ou la stabilité de la République démocratique du Congo et dans la région environnante… ».

Décidément, pour les Etats-Unis, la situation en RDC a dépassé les limites du tolérable si bien que tout, selon la Washington, doit être mis en œuvre pour stopper ce carnage. Le message de Barack Obama vise toute personne, physique ou morale, – congolaise ou étrangère – directement ou indirectement mise en cause dans « la violence et les atrocités qui continuent de menacer la stabilité régionale généralisée » dans les Grands Lacs. Il s’agit des sanctions ciblées, essentiellement financières, à l’encontre de ces dirigeants.

Les personnes visées

Sans citer les noms, le président Obama donne néanmoins le profil des personnes visées. Selon le message du président américain, « la désignation de personnes déterminées par le secrétaire du Trésor, en consultation avec le secrétaire d’Etat », renvoie notamment à : « un leader politique ou militaire d’un groupe armé étranger opérant en République démocratique du Congo qui entrave le processus de désarmement, démobilisation, rapatriement volontaire, la réinstallation, ou la réinsertion des combattants ; un leader politique ou militaire d’un groupe armé congolais qui entrave le désarmement, la démobilisation, le rapatriement volontaire, la réinstallation, ou la réinsertion des combattants ».

Sont également visées des personnes jugées « responsables ou complices, ou d’avoir eu, directement ou indirectement », des liens dans les événements tels que « actions ou des politiques qui menacent la paix, la sécurité ou la stabilité de la République démocratique du Congo; actions ou des politiques qui minent les processus démocratiques ou les institutions de la République démocratique du Congo; le ciblage des femmes, des enfants ou des civils par la commission d’actes de violence (y compris les meurtres, les mutilations, la torture ou le viol ou d’autres violences s*xuelles), l’enlèvement, le déplacement forcé, ou les attaques contre les écoles, les hôpitaux, les sites religieux, ou endroits où des civils ont trouvé refuge, ou par une conduite qui constituerait un grave abus ou de violation des droits de l’homme ou une violation du droit international humanitaire; l’utilisation ou le recrutement d’enfants par des groupes armés ou des forces armées dans le contexte du conflit dans la République démocratique du Congo; l’obstruction de la livraison ou la distribution, ou l’accès à l’aide humanitaire; les attaques contre les missions des Nations unies, de présences internationales de sécurité, ou d’autres opérations de maintien de la paix; ou le soutien aux personnes, y compris les groupes armés, impliqués dans des activités qui menacent la paix, la sécurité ou la stabilité de la République démocratique du Congo ou que saper les processus démocratiques ou des institutions de la République démocratique du Congo, à travers le commerce illicite des  ressources nationales de la République démocratique du Congo ».

Tout en chargeant les secrétaires d’Etat et au Trésor de  l’application de ces mesures, Barack Obama donne injonction à toutes les agences du gouvernement des Etats-Unis « à prendre toutes les mesures appropriées relevant de leur compétence pour appliquer les dispositions de l’ordonnance ». Ce qui démontre toute la pertinence du message d’Obama au Congrès concernant le cas spécifique de la RDC.

A la Maison Blanche, Barack Obama, dont le mandat se termine en 2016, a fait de la RDC une urgence qu’il intègre désormais dans les priorités de la politique africaine des Etats-Unis.

Les dirigeants de la région des Grands Lacs sont donc prévenus, de même que les seigneurs de guerre qui y pullulent. Les Etats-Unis les tiennent à l’œil et n’hésitera pas à frapper, voire frapper très fort. A bon entendeur, salut ! (Lire en page 12 les grandes lignes de la politique africaine des Etats-Unis)

Encadré
Obama invite 47 pays africains pour un sommet en août

Barack Obama a invité les dirigeants de 47 pays africains à participer à un sommet à la Maison Blanche les 5 et 6 août prochain, a confirmé mardi dernier l’exécutif américain. Le président américain envisageait la tenue de ce sommet depuis sa tournée en Afrique en juin 2013.

Lors d’un discours au Cap, il avait souhaité ainsi « ouvrir un nouveau chapitre dans la relation entre les Etats-Unis et l’Afrique ».

«  Le président Obama se réjouit d’accueillir des dirigeants venus de tout le continent africain dans la capitale (fédérale américaine) afin de renforcer encore les liens avec l’une des régions les plus dynamiques » du monde, a déclaré le porte-parole de Barack Obama, Jay Carney.

Ce sommet « fera progresser les objectifs de l’administration en matière de commerce et d’investissement en Afrique (et) mettra en évidence l’engagement des Etats-Unis envers la sécurité de l’Afrique, le développement de la démocratie et de ses habitants », selon la même source.

Le principe de ce sommet était acquis depuis la tournée africaine de Barack Obama en juin dernier.

Un porte-parole de la Maison Blanche, Jonathan Lalley, a communiqué la liste des pays dont les dirigeants sont invités, de l’Angola à la Zambie.
Parmi les pays notablement absents de cette liste : le Zimbabwe, le Soudan, la Guinée-Bissau, mais aussi l’Egypte et Madagascar.

Renforcer la présence diplomatique américaine en Afrique

Jonathan Lalley a indiqué que la Maison Blanche avait invité les dirigeants de tous les pays africains, « sauf ceux qui n’ont pas de bonnes relations avec les Etats-Unis ou sont suspendus de l’Union africaine ».

La présidente de la commission de l’UA, Nkosazana Dlamini-Zuma, est également conviée à Washington pour ce sommet, a précisé Jonathan Lalley.

Barack Obama, né aux Etats-Unis d’une mère américaine et d’un père kényan, avait lancé l’idée de ce sommet fin juin 2013 lors du volet sud-africain d’une tournée qui l’avait aussi mené au Sénégal et en Tanzanie.

Lors d’un discours au Cap, il avait dit souhaiter « ouvrir un nouveau chapitre dans la relation entre les Etats-Unis et l’Afrique » en annonçant ce sommet, le premier du genre.

Face à la percée de la Chine et d’autres puissances émergentes, les conseillers économiques de Barack Obama l’ont exhorté à renforcer la présence diplomatique américaine sur le continent.

Au début de sa tournée, Barack Obama avait cependant cherché à minimiser les rivalités entre investisseurs étrangers en Afrique, estimant qu’il n’y avait pas de « guerre froide » en cours sur le continent.

« Aider l’Afrique »

«  C’est une bonne chose que la Chine, l’Inde, la Turquie et d’autres pays, comme le Brésil, prêtent de plus en plus attention à l’Afrique », avait-il assuré.

« Il y a un marché mondial et, si les pays qui sont en train de devenir des pays à revenus moyens considèrent qu’il y a des opportunités pour eux en Afrique, cela peut potentiellement aider l’Afrique », avait-il ajouté.

Toujours lors de cette tournée, il avait tout de même invité les Africains à poser plus de questions aux investisseurs étrangers, estimant « important que les Africains s’assurent que ces interactions sont bonnes pour l’Afrique ».

Barack Obama, qui n’avait visité l’Afrique noire qu’en coup de vent au début de son premier mandat, avec un arrêt au Ghana, avait accueilli en 2010 à la Maison Blanche plus d’une centaine des jeunes Africains lors d’un sommet informel.

Lors de cette rencontre, destinée à marquer le 50ème anniversaire de l’accession à l’indépendance de 17 pays d’Afrique subsaharienne, Barack Obama avait exhorté ces jeunes à enraciner les principes démocratiques dans leurs pays, et à ne pas suivre les pas de la génération des indépendances qui s’est selon lui accrochée au pouvoir.

AFP/LP

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  1. Des forces spéciales rwandaises et des troupes du M23 déployées à Kitona, RDC

    Rwandan Special Forces and M23 Troops Deployed in Kitona, DRC (Des forces spéciales rwandaises et des troupes du M23 déployées à Kitona, RDC)

    Lire l’information sur les deux sites suivants:
    afroamerica.net/Africa/News/Entries/2014/6/30_Rwandan_Special_Forces_and_M23_Troops_Deployed_in_Kitona.html

    veritasinfo.fr/2014/07/rwandan-special-forces-and-m23-troops-deployed-in-kitona-drc.html

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