Obama tourne la page Kabila

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Barack-Obama (1)

 

Le président américain a accentué la pression sur le président Kabila dont le deuxième et dernier mandat s’achève fin décembre 2016. Dans son message envoyé au chef de l’état congolais à l’occasion de la fête de l’indépendance de la RDC, Barack Obama lui a, en des termes polis, demandé de passer la main. ‘‘Le peuple des Etats Unis se joint à moi pour vous exprimer ainsi qu’au peuple congolais les meilleurs vœux. Nous sommes aux cotés du peuple congolais et nous soutenons le premier passage pacifique et démocratique imminent du pouvoir’’, écrit Obama.

En diplomatie, ça s’appelle tourner la page. Le message sonne surtout comme un sérieux avertissement au pouvoir. La grande puissance ne se répète pas deux fois. Surtout que le message vient du sommet de l’état américain. Et Obama d’ajouter que : ‘‘ Nous attendons avec impatience nos futures relations avec une République démocratique du Congo stable, démocratique et prospère ’’.

A lire entre les lignes, il est clair que le président américain envisage déjà le renforcement  des relations de coopération entre son pays et les dirigeants congolais post-Kabila. A Kinshasa, on peut beau crier souveraineté ou indépendance mais les paroles d’un chef de l’état américain sont contraignantes. Des exemples sont légion en Afrique. Il faut mettre aussi en tête que le chef de l’état américain qui termine son dernier mandat, expédie tous les dossiers avant son départ. Les initiés le savent bien. Au pouvoir de Kinshasa, de bien saisir le message. Tout dérapage sera considéré comme un affront au président américaince qui conduira inéluctablement aux sanctions, décrypte un diplomate occidental.

D’ailleurs, l’administration Obama a déjà donné le ton en mettant le chef de la police de Kinshasa sur la liste noire. Si Kinshasa n’envoie aucun signal dans le sens de l’alternance démocratique, la liste va s’allonger et d’autres sanctions plus fortes seront prises pour redresser les mauvais élèves.

Un article de 7sur7.cd

1 COMMENT

  1. Tony Busselen avait déjà décrié l’attitude américaine contre la RDC en ce contexte des élections et de la fin mandat de Jioseph Kabila. Il avait dit après les manifestations du 1ç au 21 janvier 2015, ce qui suit:

    C’est que début mai de l’année 2014, le secrétaire d’Etat américain, John Kerry, en personne est descendu à Kinshasa et y a déclaré que les Etats-Unis allaient financer les élections avec une somme de 30 millions de dollars à condition que la constitution soit respectée en ce qui concerne les limites du mandat présidentiel. Depuis lors, l’envoyé spécial d’Obama pour les Grands lacs, Russ Feingold, a répété plusieurs fois d’une façon assez explicite des oukases et ultimatums. Quelques jours après la visite de John Kerry, Russ Feingold déclara : “Our strong advice is that there is a global election calendar with the presidential elections no later than the end of 2016, and (that there should be) no attempt to disregard the unamendable stipulation of article 220.”

    Et sur la décision de la commission électorale nationale indépendante de commencer des élections locales et régionales en 2015, il disait : “The local elections are expensive but are not required by the constitution. Organizing and financing these, but not the (presidential) elections, which are required by the constitution, is not a believable approach.”

    D’abord ces déclarations violent la souveraineté et donc aussi la constitution congolaise puisque ce n’est pas au gouvernement étasunien de dicter le calendrier électoral en RDC. C’est une compétence de la CENI (Commission nationale électorale indépendante). Ce type d’ingérence est d’ailleurs allé trop loin. Des ambassadeurs occidentaux ont pris des initiatives de réunir des hommes politiques de la majorité et de l’opposition afin d’arriver à un consensus autour du calendrier électoral et de donner des injonctions à la CENI d’accepter ce « consensus ». Le samedi 31 mai, le Président congolais a même convoqué tous les ambassadeurs présents à Kinshasa et a dénoncé « les initiatives de certains de nos partenaires extérieurs qui donnent l’impression de vouloir créer anarchiquement des structures parallèles aux institutions légitimes en place en RDC pour gérer des questions relevant constitutionnellement de ces dernières. Pareilles initiatives seraient, selon le chef de l’Etat, nulles et de nul effet car ne répondant à aucune sollicitation des institutions étatiques de la RDC qui n’est pas un pays sous tutelle.”
    Or Russ Feingold n’a pas reculé, il a continué à taper sur le même clou. Il faut aussi dire que l’équipe des envoyés spéciaux pour la région des Grands lacs qui agit comme une équipe représentant la Communauté internationale qui accompagne le processus de paix à l’Est du Congo reprend comme un écho le même thème des étasuniens dans ses déclarations. Ce qui n’est pas étonnant puisque cette équipe est dominée par des diplomates occidentaux.
    Il faut savoir que dans le monde politique congolais, même chez certains hommes politiques de la majorité des déclarations sur leur pays venant de Washington, Paris et Bruxelles sont reçues comme la parole de Dieu. Des journaux, titrent sans gêne depuis lors une série interminables d’articles dans le style « Elections en RDC la CENI dos au mur » ou encore « Obama ne décolère pas » : « Kabila must go ! ». Ainsi le gouvernement étasunien a réussi à créer une situation de facto où la campagne électorale domine la vie politique deux ans avant les élections. C’est un acte de déstabilisation qui n’est pas à sous-estimer.
    Ndlr: http://www.michelcollon.info/Les-USA-ont-un-agenda-cache-en.html?lang=fr

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