Omar el-Béchir : ni ange, ni Satan et moins encore un pestiféré !

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CPI et Soudan

Il ne date pas d’aujourd’hui, le feuilleton entre la Cour pénale internationale et Omar el-Béchir, président du Soudan. C’est depuis pratiquement cinq ans que ce dernier est sous le coup de deux mandats d’arrêt pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre, émis en 2009 et 2010. Jusque-là il court… Personne n’est encore parvenu à mettre la main sur lui.

SUDAN

A quoi jouent la Cour pénale internationale et Omar el-Béchir, président du Soudan, et dont Kinshasa aura été sa récente sortie du genre en dehors de son pays, à la faveur cette fois-ci du 17ème sommet du COMESA, Marché commun de l’Afrique de l’Est et de l’Afrique australe ? A rien du tout, sinon que celui-ci continue à « narguer » à sa manière la CPI et à l’endroit duquel celle-là a émis deux mandats d’arrêt. Pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre dont le premier remonte à presque cinq ans déjà.

Ni ange, ni Satan…

Au-delà du décor planté par les autorités de Kinshasa qui ont eu l’insigne honneur d’avoir accueilli dans la capitale congolaise le chef de l’Etat soudanais, la question que l’on se pose après que le dossier CPI-Béchir a été rallumé par le sommet du COMESA, est celle de savoir si la CPI finira un jour par mettre la main sur son « client ». Surtout que ce dernier continue à courir comme du vent.
Les incessantes pressions qui n’arrêtent pas d’être exercées sur le président soudanais ont-elles la chance  d’aboutir comme le veut ardemment la CPI qui y tient surtout comme à la prunelle de ses yeux? Beaucoup estiment que, quoi qu’il en soit, Omar el-Béchir ne saura tenir le coup pendant longtemps, à moins qu’il y ait un jour retournement de la situation en sa faveur. Ce qui semble moins évident quand on sait que les Statuts de Rome ne peuvent l’en protéger…éternellement.

« Bien qu’il ne soit ni ange ; bien qu’il ne soit ni Satan ; bien qu’il ne soit moins encore un pestiféré, Omar el-Béchir terminera toutefois sa folle course dans les geôles de la Cour pénale internationale », se permet-on d’affirmer dans certains milieux proches de cette juridiction internationale. Et qui, à n’en point douter, a fait de l’Afrique son point de fixation.

De toutes les façons, quel que soit le bout par lequel on voudra bien prendre le dernier épisode de Kinshasa et ce qui pourra en advenir pour la suite, une chose est du moins certaine : c’est avec raison que les autorités congolaises ont évité d’emboucher la trompette «made in CPI ». A propos de la « livraison » d’un chef d’Etat d’un Etat membre de l’Union Africaine.

On comprend dès lors la position de Kinshasa. Aucune allusion à ces mandats d’arrêt. Le porte-parole du gouvernement de la République, Lambert Mende, n’en a pas moins justifié le choix de ne pas arrêter le président soudanais malgré la ratification par le Congo-Kinshasa du Traité de Rome. Une justification de bon aloi, lorsque le porte-parole du gouvernement affirme avoir, dans le cas d’espèce, fait état d’une exception ; le Congo ayant choisi de « suivre » la position de l’Union Africaine. En l’occurrence, « refuser » de livrer à la justice internationale un président toujours en exercice.

Et après Kinshasa ?

Tout en se refusant de mettre en avant la jurisprudence, il convient cependant de noter que l’Union Africaine continue à opposer une « fin de non recevoir » à la CPI dans ce dossier qui concerne le sort des chefs d’Etat africains en exercice. L’UA, secret de polichinelle, s’est toujours montrée « récalcitrante » quant à ce.

Les cas ne manquent pas pour réconforter l’Organisation panafricaine dans sa position. Il n’y a pas longtemps, la Cour pénale internationale avait déclaré avoir demandé, lors d’un sommet de l’UA à Abuja, au Nigeria d’ « arrêter immédiatement et lui remettre » le président soudanais, sous le coup de deux mandats d’arrêt pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre, émis en 2009 et 2010. La CPI avait rappelé à cette occasion que le Nigeria, partie à la cour, « avait l’obligation d’obéir » à ses demandes et que son refus pourrait à en référer au Conseil de sécurité des Nations unies.
Questionné sur l’accueil du président soudanais à Abuja, le Nigeria avait renvoyé la responsabilité de son invitation à l’Union Africaine, organisatrice du sommet. Or, la politique de l’UA est d’ignorer les mandats de la cour, lui reprochant de n’avoir jusqu’à présent inculpé que des Africains.

Il est à rappeler que M. Béchir s’est déjà rendu dans des Etats, parties à la CPI, tels que le Tchad, Djibouti, le Kenya…et tout récemment la République Démocratique du Congo à l’occasion du 17ème Sommet du COMESA qui s’est tenu à Kinshasa.

Pour le moment, on en est là en attendant qu’un nouvel épisode s’ajoute peut-être sur la liste de ce que d’aucuns prendraient pour une…frasque…

(Source : LePotentiel)

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