Portrait spécial Mois de la Femme: Grace Kangundu Ngyke, Présidente de l’ACOFEPE, a dédié sa vie pour la cause des femmes des médias

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Alors que j’habitais sur Victoire dans la commune de Kalamu, je fus surprise par la visite inopinée de mon amie, ancienne collègue de classe à l’IFASIC et journaliste à la Référence Plus et à l’ACP, Grâce Kangundu Ngyke.

Elle se présenta chez moi avec un projet à propos duquel nous avions un peu partagé au téléphone: promouvoir les femmes journalistes de la Presse écrite.

J’avais cru que ça allait tout au plus nous prendre une ou deux heures, mais c’est ma journée entière qui y est passée. Il faut dire que Grace Kangundu n’est pas du genre à vous lâcher facilement si elle a un objectif.

“L’important dans la vie, c’est de réaliser ses rêves, conformément à la volonté PARFAITE de Dieu…

Faire de belles rencontres qui influencent positivement votre vie.

Savoir avec qui faire route ensemble, est l’élément le plus primordial pour réussir dans la vie,” définit-elle même le sens qu’elle donne à sa vie.

C’est cette détermination qui donna naissance à son joyau: l’Association congolaise des femmes journalistes de la Presse Écrite, ACOFEPE, dont elle est à la fois Fondatrice et Présidente.

Avec son teint foncé, bois d’ébène, et son sourire radieux et éclatant qui ne le quitte jamais, Grace Kangundu Ngyke a su allier ces deux choses : Vivre son présent sans oublier son passé, douloureux soit il.

Elle peut revêtir plusieurs casquettes, elle peut aisément se lier d’amitié avec un diplomate de l’ONU, avec une maman vendeuse du pain, avec un étudiant chinois, avec un prêtre, avec un moine bouddhiste et avec un pasteur. Chaque être qui entre en contact avec elle s’en sort toujours avec un ”something else”, made by Gracia. Elle a de l’amour et elle sait le partager.

Les Nigérians de Kinshasa en savent quelque chose. Congolaise d’origine, elle est devenue Nigérianne par conviction, à la suite de son rapprochement avec la communauté nigérianne de Kinshasa dont il est l’une de fervente choriste à la branche anglophone de la paroisse Saint Joseph de Matonge. C’est de là qu’elle reçut son second nom de Amara Chukwu.

Elle va plus loin en donnant à son fils le nom de Chidibiere.

Ce qui prouve à suffisance jusqu’où Grace Kangundu Ngyke peut aller, si vous lui démontrez une amitié sincère et vraie.

Elle sait d’où elle vient. La vie ne lui a pas fait de cadeau, loin s’en faut.

Elle fut témoin du sauvage assassinat de ses parents: le célèbre journaliste Franck Ngyke et son épouse Helène Mpaka, tués par des hommes armés le 3 novembre 2005 au quartier Mombele, à Limete, dans la ville de Kinshasa.

Elle était à l’époque en 1er Graduat à l’IFASIC.

Faute des moyens, elle fut obligée d’arrêter un moment ses études.

Par la force de chose, elle se dit que le meilleur moyen d’honorer la mémoire de ses parents était d’achever ses études.

C’est ce qu’elle fut jusqu’à sa licence (BAC+5) en sciences de l’information et de la communication.

Au lieu que cette tragédie brise ses convictions, bien au contraire, elle l’a transformée en une idéologie de la vie: combattre l’injustice sur toutes ses formes.

Avec ses Frères et sœurs, ils ont d’ailleurs crée la “Fondation Franck Ngyke” pour perpétuer la mémoire de leurs parents et militer pour que les vrais coupables de leur assassinat soient traduits devant la justice.

Femme de conviction, Amara Chukwu ne manque aucune occasion pour dénoncer toute forme d’injustice et d’inégalité, surtout pour les droits des femmes.

C’est le combat d’ailleurs qu’elle mène désormais avec d’autres femmes au sein de l’ACOFEPE, une association qui fait de l’inclusion sociale et l’égalité de chance des femmes de médias dans la profession son but principal.

“Mon plus grand COMBAT, est que les femmes ambitieuses et compétentes obtiennent de manière équitable de postes de direction dans nos différentes rédactions de presse écrite…

Je continuerai à mener des plaidoyers jusqu’à ce qu’une Femme journaliste devienne Directrice de rédaction dans nos journaux imprimés ou nos médias en lignes.

Ensemble, c’est possible ! voilà le sens de son combat,” résume-t-elle l’ACOFEPE.

Dans cette optique, elle va organiser du 09 au 11 mars 2022 à Kinshasa, la 3ème édition de la Foire des Femmes des médias congolais.

Pour ce, la Présidente de l’ACOFEPE/RDC a été reçue en audience mardi 1er mars, par le ministre de la Communication et Médias, M.Patrick Muyaya, sur sa participation à l’ouverture de ladite foire co-organisée avec l’Union Congolaise des Femmes de médias (UCOFEM), avec l’appui technique d’INTERNEWS.

Jusqu’au-boutiste à vie, Grace Kangundu Ngyke a su imposer sa stature dans l’univers médiatique congolais.

Son style journalistique peut être résumé comme suit: de la douceur de Rachel Kitsita sur la poigne de Paulette Kimuntu, ses deux grandes amies.

Aussi bien catholique de croyance que membre du Ministère du combat spirituel de foi, Grace Kangundu Ngyke ou Amara Chukwu, cela dépend de comment vous voulez l’appelez, à elle seule, démontre aussi que les religions peuvent se concilier au lieu de se quereller sans cesse.

Pour elle, la religion ne consiste pas qu’en pratique des actes sacrificiels mais il s’agit bien d’un don de soi pour les autres.

Parler de Grace Kangundu Ngyke consisterait à lui consacrer tout un ouvrage mais si on peut résumer sa vie, on s’inspirera de ses propres mots: “Un jour, quand tu regarderas en arrière,
Tu seras reconnaissante d’avoir suivi le plan de Dieu et non pas celui que tu avais prévu…,” dixit Grace Kangundu Ngyke, Amara Chukwu pour ses amis.

Portrait réalisé par Bishop Mfundu

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