Pour l’UDPS, l’UNC, le MLC, le G7, le CDER : Le discours de J. Kabila est « aux antipodes de la réalité sur terrain »

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Kabila

En cinq points, les partis de l’opposition ont qualifié le discours du président de la République sur l’état de la nation d’être « aux antipodes de la réalité sur terrain », selon Jean Lucien Bussa. Pour les opposants, le dénominateur commun de ce discours est la menace proférée contre ceux qui ne partagent pas la même vision que le chef de l’Etat. Sans se faire prier, l’opposition a choisi de relever que son rôle est de ne point voir les choses avec le même regard que la majorité au pouvoir.

 

« Le président de la République s’est évertué à proférer des menaces contre les membres de l’opposition politique et les forces sociales qui considèrent le dialogue tel que souhaité par lui comme étant inopportun », ont écrit les groupes parlementaires de l’opposition à l’Assemblée nationale. Ils poursuivent « Il est étonnant que du début à la fin de son discours, en sa qualité de garant du respect de la Constitution, le chef de l’Etat n’ait fait aucune mention à la Constitution. Ce silence évocateur ne nous rassure pas quant à la tenue des élections dans le délai constitutionnel ».

 

Dans sa déclaration, le CDER estime que  « l’insécurité dans l’Est du pays dans les villes telles que Beni et Goma avec le foisonnement des groupes armés qui tuent, violent, pillent sans réaction efficace du pouvoir», balaie la prétention d’une totale pacification du pays. Une insécurité qui s’étend dans des milieux urbains. En même temps que se poursuivent des violations excessives des droits humains telles que renseignées dans différents rapports de l’ONU et des ONG. L’opposition brandit comme preuve la sortie publique du Procureur général de République « qui menace ceux qui décident opportunément d’appliquer la Constitution en promettant de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation de la Constitution ». Pire, le CDER fustige « l’inféodation et la personnalisation des institutions de la République en violation du principe de séparation des pouvoirs et des prescrits de la Constitution qui sort « déstructurées et paralysées ». Aussi considère-t-il comme « un retour à la concentration politico-administrative » contraire au choix constitutionnel de la décentralisation.

 

De même, « la neutralisation du processus électoral par l’anéantissement de la Ceni, les tentatives récurrentes de révision de la Constitution et la propension à évincer l’irréversibilité et l’intangibilité des dispositions verrouillées par l’article 220 de la Constitution », en vue de « s’éterniser au pouvoir».

 

OPPOSITION NON ARMÉE

 

Parlant du sang et de l’instabilité qui se profileraient à l’horizon, l’opposition est claire là-dessus : « L’Opposition politique congolaise est civile et non armée. De ce fait, aucun sang de ses compatriotes ne leur sera imputée de quelque manière que ce soit». Eux aussi montent sur leurs chevaux en mettant «en garde les tenants du pouvoir et rappellent les forces de défense et de sécurité de s’abstenir d’exécuter des ordres manifestement illégaux », tout en félicitant le peuple congolais pour son sens de patriotisme et de civisme ». L’opposition se dit prête à consentir « tous les sacrifices pour faire respecter la Constitution ». A contrepieds du président Kabila, l’Opposition « remercie la communauté internationale pour son accompagnement dans le processus électoral, de pacification et de démocratisation dé notre pays ».

 

Sous le plan-économico-social, l’opposition considère qu’à moins «d’un an de la fin du deuxième et dernier mandat du président de la République, la densité de la pauvreté est la plus élevée du monde : l’accès aux soins de santé, à la nourriture, à l’éducation, à l’emploi, au logement, à la sécurité sociale, à l’eau potable et à l’énergie pour la majorité de Congolais reste encore un grand défi à relever».

 

La conclusion de la déclaration du CDER édifie sur l’état d’esprit qui règne au sein de l’opposition : « le peuple congolais attaché à la démocratie conformément à la Constitution du 18 février 2006 n’a qu’un vœu, à savoir l’alternance démocratique en 2016 en vue d’une alternative crédible ».

 

Le plus important à en croire les observateurs neutres est de réussir à fédérer le plus de monde possible autour du dialogue pour le rendre inclusif. Il y va de la crédibilité de ce forum. Que ceux qui n’adhèrent pas à ce schéma ne soient ni stigmatisés encore moins réduits à « des comploteurs ». La démocratie ne doit-elle pas respirer normalement? Et il est de la responsabilité de ceux qui tiennent la direction du pays de garantir aux uns et aux autres la sérénité nécessaire pour que cette démocratie soit une vraie matrice de la paix et de la stabilité au pays et dans la sous-région.

 

Par LP

Un article du Potentiel

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