Primature : Kamerhe Comparé À Jean Ngunz

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L’Accord politique signé le 18 octobre entre la Majorité Présidentielle et la frange de l’Opposition attribue la Primature à cette dernière composante politique. Selon plusieurs sources, Vital Kamerhe, président de l’Union pour la Nation Congolaise (UNC), part favori pour succéder à Augustin Matata Ponyo à la Primature.

Président du conseil national de l’UNC, Alain Mbaya Kakasu a, dans une interview accordée au site actualite.cd, affirmé que «tout le monde sait qui sera Premier ministre du Gouvernement qui gérera la transition ». « Il y a un consensus qui se dégage autour d’une personne, mais je ne veux pas citer le nom », a-t-il déclaré.

La très probable désignation de Vital Kamerhe en qualité de Premier ministre suscite des analyses de tout genre. Parmi celles-ci (analyse), il y a celle de notre confrère Yvon Muya, responsable du site cas-info. Interrogeant l’histoire politique de la République Démocratique du Congo (RDC), Yvon Muya parle du « destin risqué de Kamerhe qui rappelle Jean Ngunz à Karl i Bond » nommé, lui aussi, Premier ministre par Mobutu presque dans les mêmes circonstances politiques.

« Si, la mission d’organiser les élections dans un peu plus d’un an s’annonce titanesque pour le futur chef du gouvernement, écrit Yvon Muya, le parcours de Vital Kamerhe (si c’est lui qui sera nommé) et le contexte, rappellent de manière frappante un homme : Jean Ngunz a Karl i Bond, Premier ministre entre 1991 et 1992, dans une République du Zaïre qui, comme aujourd’hui, cherchait sa démocratie ».

Kamerhe – Ngunz, comme deux goûtes d’eau

Pour le parton du site cas-info, les deux hommes ont un parcours quasi similaire. Les défis, très politiques, aussi. Polyglotte comme Kamerhe, à 42 ans, Ngunz est nommé Premier ministre en août 1980. Vital Kamerhe est âgé de 48 ans lorsqu’il accède au perchoir de l’Assemblée nationale en 2007. Le premier est le bras droit du maréchal Mobutu. Le second, l’homme clé du dispositif de Joseph Kabila.

Après un an de gouvernement, l’arène politique zaïroise est agitée. Ngunz quitte son poste et s’exil en Belgique où il rejoint l’opposition fraîchement créée par les 13 parlementaires contre le président Mobutu. En 2009, l’histoire d’amour entre Kamerhe et Kabila se termine. Ejecté de la présidence de l’Assemblée nationale, il crée, en 2010, son parti, l’UNC, et rejoint l’opposition.

Le retour en grâce

A Kinshasa, mais aussi, dans les grandes villes du pays, comme à Lubumbashi, fief de Ngunz, l’Union sacrée de l’opposition fait trembler Mobutu. En pleine Conférence Nationale Souveraine (CNS), le maréchal décide de jouer la carte de la division. Acte I, il oppose le clan Kyungu contre Tshisekedi et fait exploser l’unité de l’opposition. Acte II, il nomme Nguz, une deuxième fois, au poste de premier ministre.

Confronté à une forte opposition, à l’approche de la fin de son second mandat, Joseph Kabila convoque le dialogue national (Sa CNS). Il réussit, lui aussi, à faire «revenir à la maison», Vital Kamerhe. L’homme qui va faire douter le Rassemblement.

A la CNS, le Premier ministre Ngunz, c’est lui le patron. Qui va jusqu’à fermer le forum parce que « les travaux coûtaient trop cher à la république », s’expliqua-t-il face à une demande, pourtant, pressante de baliser le chemin vers « la démocratie et le changement social ». Devenu l’homme le plus puissant du dialogue de la cité de l’UA, Kamerhe, pressenti premier ministre, rejette, l’idée d’un nouveau dialogue «inclusif» que demande le Rassemblement, la coalition de l’opposition qui réclame le départ du chef de l’État le 19 décembre 2016.

« Kamerhe, Ngunz, deux personnalités aux trajectoires identiques. Jusqu’où ira cette comparaison ? », s’interroge Yvon Muya. Il rappelle qu’en février 1992, déterminés à obtenir la réouverture de la CNS, l’opposition et l’église catholique organisent une marche, réprimée violemment par le gouvernement Ngunz. Le bilan est très lourd. Une centaine de morts.

Et le site cas-info de conclure : « A l’approche des manifestations menaçantes du 19 décembre 2016, le gouvernement qui se chargera de réprimer, pourrait être celui qui devrait être dirigé par Vital Kamerhe ».

CONGO NOUVEAU avec Cas-info

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