RDC : De “pantin” à “patron”, Felix Tshisekedi totalise deux ans au pouvoir

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Joseph Kabila et Felix Tshisekedi

Aujourd’hui c’est dimanche 24 janvier 2021, deux ans jour pour jour que Felix Tshisekedi prétait serment comme cinquième Président de la République Démocratique du Congo.

Un évenement considéré comme la première passation pacifique du pouvoir depuis l’accession de la RDC à l’indépendance.

Pourtant, deux ans plus tard, le conteste politique est loin d’être pacifique. Le pays est sécoué par des fortes tensions politiques entre le camps de l’actuel Chef de l’Etat et celui de son prédecesseur Joseph Kabila.

Hier vendredi, une motion de censure contre le Premier ministre, issu du FCC de Kabila, a été déposée au bureau de l’Assemblée nationale.

Avant Ilunga Ilunkamba, c’est le bureau pro-Kabila de la chambre basse du Parlement qui avait été visé par une motion puis déchu. Preuve du basculement de la majorité Parlementaire en faveur de Felix Tshisekedi et conséquence d’une guerre sans merci que se livrent les deux anciens alliés.

En décembre dernier, Felix Tshisekedi avait annoncé la fin de son alliance avec le FCC, qu’il accuse de bloquer ses actions gouvernementales.

Jadis considéré, par l’opposition radicale notamment, comme patin et président protocolaire, le fils d’Etienne Tshisekedi est parvenu en deux ans à renverser la balance du pouvoir en sa faveur et s’imposer comme le patron de l’arêne politique congolaise.

Pour ce faire, Felix Tshisekedi a procédé par des frappes chirurgicales. Tout a commencé par des nominations suprises de nouveaux juges dans les principales instances judiciaires, notamment la Cour constitutionnelle, et des officiers superieurs dans l’armée.

Ces nominations, qui avaient fait monter d’un cran la tension au sein de la coalition gouvernementale FCC – CACH, ont permis à Tshisekedi fils d’accroître considérablement son influence au sein de l’appareil judiciaire et militaire.

Puis est venue la conquête de l’Assemblée nationale, une autre institution controlée par la FCC de Kabila.

L’astuce ici était la convocation des concertations nationales auxquelles étaient conviées toutes les forces vives du pays. Des assises dont la clotûre a été sanctionnée par une adresse à la nation dans laquelle était habilement insérée une ménace de dissoudre l’Assemblée nationale au cas oú la majorité des députés ne se ralliaient pas à sa cause.

La combinaison a été efficace pour convaincre même des caciques du FCC à monter à bord de l’Union sacrée. Une nouvelle majorité parlementaire pro-Felix Tshisekedi a ainsi vu le jour.

Depuis, chaque jour qui passe en RDC, il devient clair que celui qu’on surnomme Fatshi Beton s’impose de plus en plus en maitre incontestable du jeu politique congolais.

Pendant ce temps, son prédecesseur Joseph Kabila a lui choisi de se retrancher dans sa ferme de Kashamata, au Haut Katanga. Stratégie de contre-attaque ou aveux de défaite? Les prochains mois seront décisifs dans la bataille pour le pouvoir en RDC.

Contactez la rédaction de Voice Of Congo : 00243 818956860

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