RDC – Indépendance : 56 ans de gâchis !

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ECOLE SANS BANC

Le 30 juin 1960, les Congolais fraichement libérés de la colonisation belge avaient dansé au rythme d’un air bien connu de chez nous : « Indépendance cha cha.. ». Ils avaient également chanté : « Nous bâtirons un pays plus beau qu’avant, dans la paix… ». 56 ans après, c’est le grand brouillard. Des millions de filles et fils de ce pays, qui rêvaient de mieux vivre aujourd’hui qu’hier, en citoyens libres, sont terriblement désillusionnés. Ils n’en croient pas leurs yeux devant le gâchis économique, financier, social et culturel qui se présente à eux.

Alors qu’ils attendaient voir les « pères de l’Indépendance » transformer l’ancien Congo Belge en une Nation prospère, pacifique et démocratique, ils les ont vus sacrifier leur avenir sur l’autel de leurs ambitions politiques, en versant dans des guerres fratricides, destructrices de tous les projets de développement. Couplée à la mauvaise gouvernance, l’instabilité politique signait la descente aux enfers des Congolais, aujourd’hui fichés parmi les populations les plus miséreuses de la planète.

Depuis, les journées du 30 juin passent et se ressemblent, avec leur cortège d’espoirs déçus et de promesses non tenues. A un moment donné, pour se donner bonne conscience, feu le président Mobutu n’avait pas trouvé mieux que d’inviter son peuple à fêter dans la «méditation». Il le fallait bien, au regard du décor apocalyptique qui s’offrait à ses compatriotes. Il était bien loin, ce Congo belge totalement désenclavé à la veille de l’indépendance. Avec un réseau routier en parfaite connexion avec les voies ferrées, fluviales et lacustres, le Congo Belge semblait promis à un avenir radieux, de nature à faire des jaloux du côté de Bruxelles. Avec un franc congolais coté parmi les devises étrangères fortes, des exportations minières et agricoles le plus souvent classées dans le top 10 au plan mondial, un revenu par tête d’habitant de 197 dollars américains contre 91 Usd pour un citoyen de la Corée du Sud (aujourd’hui, le Coréen du Sud affiche 26.000 Usd contre 650 au Congolais), des industries lourdes et de transformations annonciatrices d’un décollage économique fulgurant, une politique d’habitat fondée sur la construction des cités indigènes modernes avec des maisons à crédit…rien ne paraissait arrêter la montée en puissance du Congo.

Qui pouvait croire que les cinq premières années de l’indépendance allaient signer l’entrée du grand Congo dans un gouffre sans fin ? Qui
pouvait penser que Mobutu, arrivé au pouvoir en novembre 1965, allait l’enfoncer davantage dans le tunnel de la pauvreté, au terme d’une
courte embellie marquée par des slogans du genre « Retroussons les manches »… « Agriculture priorité des priorités » … « Salongo alinga
mosala »… « Objectif ‘80 » … « Rien ne sera plus comme avant » … « Tout doit changer, tout va changer » ?

Mobutu parti, ses successeurs ne semblent pas avoir tiré les leçons de la dictature, de la mal gouvernance, des injustices sociales, de la
justice à la tête du client, de la corruption, de l’impunité des criminels économiques, de la politisation de l’administration publique
et des entreprises du Portefeuille, du non respect des droits de l’homme, du coulage des recettes publiques, du pillage des ressources
naturelles, de l’enclavement continu du pays, de la non modernisation des infrastructures de base, de la culture des investissements de
prestige, du culte des personnes, du tribalisme, du régionalisme, etc.

Bien que condamnées avec force dans les discours, les antivaleurs continent largement partagées entre Congolais. Les besoins sociaux de
base ne sont toujours pas satisfaits, au point que les Congolais de 2016 en sont réduits à l’éternelle main tendue vers l’extérieur. Comme
au lendemain de l’indépendance, la démocratie peine à s’installer.

L’alternance au pouvoir est perçue comme une guerre mortelle entre clans politiques. Comme il y a 56 ans, l’arbitrage extérieur est
fortement réclamé pour départager les protagonistes politiques. Plus que jamais incertains du lendemain, des millions de compatriotes ne
savent pas ce que leur réserve le futur immédiat.

Et, pendant que les politiciens s’entredéchirent, le pays va mal économiquement et financièrement. Le 30 juin 2016, l’écrasante majorité de notre peuple va fêter dans la «méditation», avec dans sa tête des images du chômage, de la famine, des routes impraticables, de naufrages d’embarcations dans le fleuve Congo et ses affluents, de crash d’avions, de faillites d’entreprises publiques et privées, de taxi-bus 207 « Esprit de mort » toujours maîtres du transport en commun, de politiciens grassement payés face aux fonctionnaires gratifiés de salaires de misère, d’étudiants sans bourses et entassés par milliers dans des auditoires, d’élèves perdus dans des salles de classes sans tableaux noirs ni bancs, d’enfants de la rue incontournables dans les agglomérations urbaines, de « Kuluna » en bandes organisées, de filles mères prêtes à vendre leurs charmes à vil prix, etc. L’amer constat est implacable : on n’a pas bâti un pays plus beau qu’avant. Bien au contraire, les gouvernants du Congo ont réussi l’exploit de faire ce «scandale géologique» un des pays les plus endettés de la planète.

Kimp

Un article de Le Phare

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