RDC- L’Après Kabila : Guerre de succession et alternance

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STYKABILA

Même si selon Gabriel Kyungu wa Kumwanza « le mandat de Joseph Kabila ne fait que commencer », ce même mandat est appelé à prendre fin le 19 décembre 2016. Le Président Joseph Kabila a donc un peu plus de deux ans pour préparer la relève. Chose qui n’est pas aisée vue le système politique qui régit la Sphère Kabila.

L’opposition a pris de l’avance sur Kabila ; elle se prépare depuis bien longtemps. Etienne Tshisekedi attend son moment (l’impérium) depuis trente-deux ans, année de création de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social « UDPS », son parti. Léon Kengo wa Dondo, Président du Sénat et leader d’une faction de l’opposition, attend, lui, depuis 1997. Vital Kamerhe se croyait, quant à lui, le dauphin légitime et logique du Raïs jusqu’à son éviction du perchoir de l’Assemblée Nationale. C’est donc avec l’Union pour la Nation Congolaise « UNC » qu’il a concouru à l’élection présidentielle en 2011.

L’opposition semble, donc, être plus aguerrie que le prochain candidat de la Majorité. Cependant, il n’est pas à oublier que cette majorité, quoi que derrière Joseph Kabila aujourd’hui, reste hétéroclite et pourrait s’éclater si le candidat retenu ne fait pas l’unanimité.

La Guerre de Succession

Dans la Sphère Kabila, chacun voudra tirer son épingle du jeu. A commencer par le clan katangais qui craint de voir son « pouvoir » s’envoler ou les pseudo-membres qui n’ont servi de marchepieds que trop long ou encore le partenaire, le PALU, qui n’est l’allié de personne d’autres que le Président Kabila, intuitu personae.

Chez les katangais du nord, le dauphin du Raïs est bien connu, il s’agit de Jean-Claude Masangu Mulongo, ancien Gouverneur de la Banque Centrale du Congo tandis qu’au sud, c’est Moïse Katumbi. Même si ce dernier dit de manière peu convaincante qu’il veut se retirer de la politique, l’ambition et le gout du pouvoir font de lui un candidat potentiel et sérieux. Adoubé comme le Gouverneur le plus populaire de la République, il ne manque pas de moyens politique et financier pour ratisser large s’il le souhaite. Contrairement à un Jean-Claude Masangu qui reçoit un soutien sectaire, Katumbi semble plaire même dans l’opposition.

Cependant, dans le cœur du pouvoir, on envisage la candidature de Jaynet Kabila ou même de l’épouse du Chef de l’Etat, Olive Lembe afin de préserver certains acquits familiaux et permettre au Président Joseph Kabila de se maintenir au pouvoir par l’intermédiaire d’une proche. Jaynet a quelques alliés dans les coulisses mais la Première Dame serait une pilule bien difficile à avaler pour beaucoup. Toutefois, à l’aube de la parité, tou(tes) peuvent rêver ! Mais nous sommes loin d’imaginer Jaynet ou Olive porter le costume d’une Hillary Clinton.

Quid alors des membres de la Majorité Présidentielle qui attendent leur tour ou encore les « démiurges » du PPRD ? Ancien Président de l’Assemblée nationale, Olivier Kamitatu Etsu rêve de pouvoir briguer ce poste. En 2006, il bénéficiait encore d’un large soutien des députés nationaux mais huit ans après, les esprits ont mûri. Le plus sérieux des libéraux congolais devra donc subir une nouvelle transformation si un destin présidentiel devrait se poser sur son horizon. N’ayant pas encore refait son entrée dans le Gouvernement, il préférera sans doute attendre avant de retourner sa veste et de « trahir » Kabila. Le Raïs Kabila pourrait tout autant jeter son dévolu sur d’autres partisans, Charles Mwando Nsimba, Raymond Tshibanda, François Muamba mais ces ceux-là ne sont pas assez PPRDiens ! Au PPRD, la guerre se mènera surement entre Aubin Minaku et Evariste Boshab, les deux haut-gradés non-katangais de la Sphère. Tous deux ont, au fil du temps, tisser des toiles politiques assez fortes pour mener la bataille présidentielle. Mais Boshab qui s’apprête à perdre les rênes du PPRD verra ses chances diminuer si pas disparaître.

L’Alternance

L’alternance pourrait venir du candidat de l’opposition le plus proche du pouvoir : Léon Kengo. C’est le candidat qui rassure le plus le pouvoir et qui d’ailleurs pourrait sortir le grand vainqueur de la course à la Primature. Les plus proches du Président Kabila voudraient, en fait, limiter la course à la Présidence de 2016 à Kengo et au dauphin du Président. Certaines langues avancent même que Kengo wa Dondo serait le dauphin tant recherché qui permettrait au Raïs de rempiler en 2021.

C’est, en outre, la raison pour laquelle le pouvoir s’acharne sur Vital Kamerhe. Avec un candidat Tshisekedi peu probable ou peu efficace, Kamerhe pourrait bénéficier de l’appui des irréductibles opposants et se positionner pour rafler la mise, surtout dans un scrutin présidentiel à tour unique. Malgré le feu vert donné par le Ministère de l’Intérieur qui permet enfin à « VK » de mener sa Caravane de la Paix, ses déplacements seront scrupuleusement analysés et limités.

Enfin, dans le jeu de l’alternance se cache une autre guerre de succession, celle d’Etienne Tshisekedi. Ne pouvant plus battre campagne comme à l’époque, le Sphinx de Limité doit se trouver un remplaçant. Mais un remplaçant de dernière heure ne va pas convaincre la base (dans le « Grand » Kasaï) ni les alliés politiques. En effet, pour beaucoup, il faudrait démocratiser la procédure de désignation du candidat afin d’éviter toute imposture (ex : Félix Tshisekedi Tshilombo) et barrer la route à tout pirate (ex : Roger Lumbala).

Le Groupe parlementaire de l’UDPS souhaiterait revenir au sein du parti mais c’est sans compter sur la vigilance de Valentin Mubake et d’Albert Moleka qui veillent au grain et voudront respecter la volonté du vieux. Mais la politique étant dynamique, il ne faudrait pas exclure une réconciliation de dernière minute ou une autre scission de l’UDPS, aile-Badibanga peut-être ?

En attendant 2016, celui qui rêve de ne pas rater sa chance à l’alternance, c’est Jean-Pierre Bemba qui a un adversaire de taille, la justice internationale.

(Avec Congo24)

 

3 COMMENTS

  1. Alors les poids-lourds au sein de la majorité doivent se poser des questions de savoir s´ils ont de la considération au sein de leurs partis. Si Kamitatu deviendrait président de la Rdc, ce serait un choix du diable. Car ni Dieu, ni le peuple congolais ne placerait sa confiance à ce grand traitre et opportuniste. En 2006 Kamitatu a trahi les congolais. En 2006 pendant que les candidats deputés battaient campagne comme opposants au régime de Kabila, Kamitatu s´est arrangé, sans l´accord de sa base, avec Kabila pour faire son entrée dans la majorité présidentielle. En échange, Kabila lui a achèté une parcelle, sur Nguma, dans la commune de Ngaliema. En 2011 il a bel et bien gagné les élections à Bulungu, mais avec 7000 voix, et non le chiffre publié par le faux pasteur Ngoy Mulunda. Le congo n´a pas besoin de ce genre des poltiques. Kasavubu avait livré Lumumba pour gagner la confiance de la Belgique, mais il n´a pas tiré profit de ce complot. C´est le sort qui est resérvé à quiconque soutiendra l´imposture en RDC.

  2. EBONGO YE KAMERHE AKE KO LALA PONGI TO KANISAKI TO KO BANDA KO LANDA LUTTE NA YE EN DIRECT YA KIVU. AZO SALA OU BIEN A LALI PONGI.

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