RDC – Le Dialogue : Kofi Annan cité pour remplacer Kodjo

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L’ancien Secrétaire général des Nations Unies,  une personnalité indépendante,bénéficie des préjugés favorables pour la tenue d’un vrai Forum national

Le nom de l’ancien secrétaire général des Nations Unies, le Ghanéen Kofi Annan est de plus en plus cité par les médias français dont Jeune Afrique, pour remplacer le Togolais Edem Kodjo afin de trouver une solution consensuelle à la crise politique congolaise née des élections du 28 novembre 2011.Si cette information se concrétise, c’est la prophétie de Didier Reynders, Vice-premier ministre et ministre belge des Affaires étrangères qui se réalise car, l’homme d’Etat belge avait déclaré que le facilitateur désigné par l’Union Africaine a déjà planté un décor et qu’il revient à un autre facilitateur de continuer le travail. Mais il faisait allusion à Said Djinit, le représentant spécial des Nations Unies dans la Région des Grands Lacs. Et pourtant, ce dernier et Edem Kodjo ont été récusés par l’opposition burundaise et l’opposition congolaise.

L’ancien  secrétaire général de l’OUA est en difficulté et serait l’otage du régime de Kinshasa qui le tient au cou jusqu’à la signature d’un accord politique de leur dialogue de la cité de l’Union Africaine, dans la commune de Ngaliema à Kinshasa. Ces assises, ouvertes le 1er septembre pour une durée de quinze jours au maximum, s’enlisent.

L’arrivée de Kofi Annan peut être un soulagement, surtout que l’ancien secrétaire général des Nations Unies et Prix Nobel  de la paix, est un homme libre et indépendant difficile à manipuler alors que l’actuel facilitateur est soupçonné d’être à la solde de  Kinshasa. C’est ce qui a poussé le Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement à  récuser l’ancien premier ministre du Togo, l’accusant de  » grand kabiliste ».

Kofi Annan a montré sa capacité de vrai médiateur dans la crise kenyane où il a réussi à mettre sur la même table les deux protagonistes de la crise postélectorale. Il s’agit du président Mwai Kibaki et Raylla Odinga.
N’eut été la complexité de la crise syrienne, Kofi Annan allait réussir à mettre autour d’une table le président Assad et son opposition armée.

D’autres oiseaux rares

Dans les salons diplomatiques à Kinshasa, cette information faisant état du remplacement d’Edem Kodjo par Koffi Annan que d’aucun qualifie d’homme blanc à la peau noire, n’est pas encore confirmée. Et si elle était confirmée, ce serait une bonne nouvelle, surtout que le pays traverse une crise politique qui nécessite l’implication de la communauté internationale.

Mais en dehors de Kofi Annan, il y a des grands personnages tels que Joachim Chissano, ancien président du Mozambique, Alpha Oumar Konaré, ex-chef de l’Etat du Mali, les Généraux Abdou Salami Aboubacar et Olesegun Obasanjo, anciens présidents du Nigeria, John Koufor, ancien président du Ghana, Pierre Buyoya, ex-chef de l’Etat du Burundi, Yayi Boni, ex-chef de l’Etat du Benin, Jakaya Kikwete, ex-président de la Tanzanie…. Un oiseau rare peut être trouvé parmi eux pour se démarquer de Kodjo et prendre les choses en main afin de sortir le pays du gouffre.

Un accord politique à la va vite

De l’autre coté, l’on signale que Kodjo et ses admirateurs de la MP auxquels il faut ajouter ceux qui veulent devenir premier ministre, pour remplacer Matata Ponyo, tiennent à signer leur fameux  » Accord politique  » avant le sommet de Luanda dont l’objectif est de contribuer à trouver une sortie de crise en RDC par l’organisation des élections. Cette  réunion aura lieu le 26 octobre prochain à Luanda et sera organisée conjointement par la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), les Nations unies, la SADC et l’Union africaine.

Plusieurs courants de la vie politique congolaise dont l’Église catholique et certaines organisations de la société civile comme la VSV, la NSCC, l’UNPC,  ont suspendu leur participation aux assises de la cité de l’UA conduites par  l’ancien Premier ministre togolais et les travaux sont boycottés par le  » rassemblement  » de l’opposition, rangé derrière Étienne Tshisekedi.

Dans un pays où la crise politique est perceptible, trouver un accord politique sans l’opposition incarnée par Etienne Tshisekedi sera un danger, au risque de revivre les événements malheureux des 19 et 20 septembre dernier qui ont été condamnés par l’ensemble de la communauté internationale.

C’est pourquoi la communauté internationale, sentant le danger à la porte de la RDC, est entrain  d’étudier et d’examiner comment relancer et engager un dialogue inclusif. Cette hypothèse passera par le remplacement d’Edem Kodjo.

En effet, le dialogue inclusif que facilitera Kofi Annan devra répondre aux exigences de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba et à la résolution 2277 du Conseil de sécurité des Nations unies adoptée en mars 2016, soutient un observateur. Edem Kodjo a joué le rôle de déblayeur de terrain, il appartient à une autre personne comme Koffi Annan de prendre les choses en main, soutient-il.

Une crise délibérément crée

Depuis 1960, date de l’accession de la RDC à sa souveraineté nationale et internationale, la communauté internationale a été toujours derrière le pays de Patrice Emery Lumumba afin d’aider la RDC à sortir d’une crise politique ou sécuritaire.

Bien que la crise qui secoue  le pays soit au départ née des élections du 28 Novembre 2011, aujourd’hui elle est amplifiée par la volonté manifeste du pouvoir en place de bloquer délibérément le processus électoral. Le régime actuel a tout fait pour créer une crise et ne pas organiser les élections dans les délais prévus dans la loi fondamentale.

De l’avis de certains observateurs, la non tenue des élections dans le délai prévu par la constitution serait à la base de la crise politique délibérément créée par ceux qui sont censés doter les moyens financiers et logistiques à la centrale Electorale.

Les représentants de la communauté internationale qui vont débattre de  la question congolaise lors du sommet de Luanda devraient désigner le responsable de cette crise et faire à ce que la constitution soit respectée sur toutes les lignes.

Les observateurs estiment que le sommet de Luanda pourra établir clairement les responsabilités et mentionner que ceux qui ont terminé leurs mandats, pourront rejoindre le Sénat comme le prévoit la constitution. Et, la question de la transition sera réglée par le compromis politique issu du dialogue qui sera arbitré par Kofi Annan en vue de conduire le pays à l’organisation des élections libres, transparentes et crédibles.

Par Godé Kalonj

Avec Tempete des Tropiques

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