#RDC – Manifestants tués à Kinshasa : le général Kanyama, responsable ou irréprochable ?

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Kinshasa, des heurts meurtriers avaient éclaté entre policiers et manifestants lors de récentes protestations contre le projet de loi électorale. Le général Célestin Kanyama, patron de la police, est une fois de plus pointé par les ONG de droits de l’homme. Mais sera-t-il pour autant inquiété ?

“Dérapage”. C’est sur Twitter que le mot a été lâché. Interpellé par un internaute sur ce réseau social, Aubin Minaku, président de l’Assemblée nationale de la RDC, avait en effet reconnu, le 24 janvier, qu’il y avait eu “dérapage lors des trois jours de répression des manifestations contre le projet de réforme de la loi électorale congolaise. Et de nuancer aussitôt : “Aucune autorité censée ne peut donner l’ordre pour qu’on tire sur son peuple”.

Quelques minutes plus tôt, Aubin Minaku s’était fendu d’un tweet – supprimé depuis mais dont nous publions une capture d’écran – qui ressemblait à une condamnation de la police pour son usage d’armes à feu contre les manifestants. “Plus jamais nous n’admettrons que la police tire des balles réelles sur des manifestants, étudiants ou autres en RDC”, avait-il déclaré sur le site de microblogging.

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Un tweet mal compris puisque sorti de son contexte, selon son entourage. “Le président de l’Assemblée répondait à une question d’un groupe d’étudiants venu le voir dans son cabinet”, tente de justifier un proche d’Aubin Minaku.

Qu’à cela ne tienne, des manifestants ont été tués lors des heurts avec la police. Et au-delà de la polémique sur le nombre des morts – 42 selon la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH), 12 selon le gouvernement congolais -, des voix s’élèvent déjà pour réclamer des sanctions à l’encontre des responsables de ce “dérapage” policier à Kinshasa.

Comme lors de l’épisode des exactions policières contre les kuluna, ces jeunes brigands de la capitale congolaise, lors de l’opération “Likofi” (coup de poing, en lingala), le général Célestin Kanyama, patron de la police à Kinshasa, est visé par les ONG locales de défense des droits de l’homme. “C’est lui qui a donné ordre à ses hommes de tirer sur les manifestants”, croit savoir un activiste kinois.

Kanyama, “bouc émissaire par excellence” ?

“Faux, rétorque Jean-Marie Kassamba, l’un des conseillers à la présidence. Le général Kanyama n’a fait que son travail de policier : sécuriser la population”. Et de dénoncer une “fixation” des ONG sur l’officier de police…

Même son de cloche au ministère de l’Intérieur. “Des policiers affectés à la protection des résidences privées, des magasins ou entrepôts ont été attaqués par des groupes de gens venus piller ces lieux. C’est seulement à ces endroits là qu’il y a eu des tirs à balles réelles et des morts”, explique un membre du cabinet, excluant toute hypothèse d’usage d’armes à feu contre les manifestants.

“On voudrait nous faire croire que le général Kanyama était devant tous ces entrepôts, magasins et résidences privées pour donner l’ordre aux policiers de tirer ?” tance-t-il. Pour lui, le numéro un de la police à Kinshasa constitue pour beaucoup le “bouc émissaire par excellence”.

Toutefois,” il n’est pas exclu que des policiers aient également participé à des pillages”, confie-t-il, rappelant que les actes de pillage ont souvent été signalés dans les quartiers où la présence policière n’est pas négligeable. Il en est ainsi du camp Bumba, dans la commune de Lemba, dans la partie est de Kinshasa.

À ce jour, à la suite des trois journées de violence à Kinshasa, plus de 350 personnes ont été interpellées dont, selon le collaborateur du ministère de l’Intérieur, quelques éléments de la police.

 

Par Tresor Kibangula
Un article de Jeuneafrique

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