RDC : opposition en déroute

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Plusieurs analystes de la scène politique pensent désormais que l’opposition en République Démocratique du Congo devrait se réorganiser pour les futures élections afin d’emmener le pays vers l’alternance politique tant attendue par les congolais.

Au lendemain de la signature des arrangements particuliers devant les présidents des deux chambres, l’organisation des élections présidentielles et législatives conformément à l’accord de la Saint-Sylvestre doit être maintenant la priorité car la majorité présidentielle est en phase d’orchestrer une savante stratégie pour demeurer au pouvoir avec la complicité de certains opposants.

Le respect des textes constitutionnels ayant perdu son sens dans notre pays, plus rien ne s’oppose maintenant au chef de l’état sortant de demeurer au pouvoir car l’opposition sensée être le contre-pouvoir subit à quelques exceptions près,
l’effet dit du magnétisme de la majorité présidentielle.

Plusieurs questionnements nous interpellent tous et suscitent colère et indignation quant au modus operandi du sabotage de notre jeune démocratie.

Parmi eux, la question de l’opportunité pour une branche de l’opposition de signer ces arrangements particuliers au moment où, une autre partie s’y oppose et que la communauté internationale et la CENCO décrient le non respect de l’accord du 31 décembre 2016 par la famille politique du chef de l’état.

A ce sujet, l’histoire nous enseigne suffisamment car, au lendemain des élections de 2006 dans notre pays, les observateurs de la scène politique espéraient que la configuration politique de l’époque allait se conforter, et que la démocratie en RDC partirait sur des bases d’équilibre calquées sur les résultats des élections présidentielles.

Souvenez-vous que cette proportion avait vite basculé du jour au lendemain au bénéfice de la majorité présidentielle jusqu’à alarmer l’opinion qui avait progressivement vu s’installer une forme de musellement de l’opposition avec le départ en exil du sénateur Jean-Pierre Bemba suivi de son arrestation à la Cour Pénale Internationale depuis bientôt 9 ans.

En 2011, un nouvel espoir renaissait dans l’échiquier politique congolais avec le ” came back ” et la pugnacité du défunt président Etienne TSHISEKEDI, opposant historique dans notre pays mais la diversité de l’opposition s’était opposée telle une épine à cette machine de changement engrangée par le peuple.

Nous avons assisté à une tricherie à grande échelle orchestrée par la commission électorale nationale indépendante pour imposer Joseph Kabila à la tête de notre pays.
La classe politique dans sa grande majorité subissait alors, l’effet attractif ci-haut énuméré.

Il est connu dans plus d’un pays sans tradition démocratique solide, et particulièrement en Afrique, qu’il y a une culture de la part de l’opposition non aguerrie de se laisser aspirer par ceux qui sont au pouvoir.

Face à un régime dictatorial, beaucoup d’acteurs politiques de l’opposition choisissent de rejoindre le camp des gagnants au lieu de mettre en place des mécanismes de récupération du pouvoir.

Les raisons de ce « vagabondage » politique sont aussi connues :
1. absence d’une idéologie commune à la base des partis et des alliances entre elles.
2. pauvreté de l’opposition et des opposants,
3. tracasserie du pouvoir gagnant sur l’opposition,
4. manque de conviction politique de la part des opposants,
5. l’existence de « faux opposants » (opposition alimentaire).

A ce stade, alors que les élections générales prévues en décembre 2016 n’ont pas été organisé et que l’accord politique qui en découle est torpillé par le chef de l’état sortant, il est quand même prématuré de parler d’échec définitif d’alternance politique dans notre pays car le dernier mot revient au peuple.

Après plus d’un demie siècle d’indépendance, il faut reconnaître que la majorité des partis politiques d’opposition a de la peine à s’imposer comme force du changement.
La plupart d’entre-eux n’arrivent pas encore à fonctionner de manière démocratique à l’exception de certains qui se cherchent encore.

Il faut des lors , face à ce problème épineux, s’interroger sérieusement sur les failles qui minent nos politiques afin d’y apporter des solutions durables qui ne peuvent être exprimées que par les urnes.

Cgh mbungani Jean-Jacques

Docteur et homme de science.

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