RDC : Procès Egangela : Une femme témoigne avoir été violée par ordre direct du colonel 106.

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Egangela

par Erick Bukula

L’Est de la République Démocratique du Congo ne cesse de confirmer son statut d’épicentre du viol de la planète. Plusieurs témoignages des victimes de ce fléau ont exposé son caractère épidémique dans la région des Kivu où les groupes armés aussi bien que l’armée régulière ont été accusé d’avoir perpétré ce crime affreux.

Au 11ème jour du procès du lieutenant-colonel Bedi Mobuli Engangela alias colonel 106 qui se tient dans le village Kalehe, province du Sud Kivu, l’audience a écouté le témoignage d’une parmi les 1000 victimes de viol qui avaient pointé du doigt le colonel Engangela comme l’un des commanditaires de ce crime odieux commis contre elles.

Cette femme, dont le nom n’a pas été révélé, a dit à la cour qu’elle avait été violé quatre fois pendant une attaque menée contre son village par les hommes du colonel 106 et dans certains cas les malfrats agissaient sous l’ordre direct du colonel.

Selon la témoin, qui a insisté à montrer aux juges ses nombreuses plaies encaissées pendant son supplice, les éléments de la milice d’Egangela avaient par la suite mis en feu sa hutte avec elle et son fils à l’intérieur.

Cette témoin, comme toute les autres avant elle, a comparu devant la cour couverte des pieds à la tête avec une voile par crainte de représailles. Pour la même raison, elle a fait son témoignage à l’intérieur d’une cabine.

Avant elle, c’est une autre témoin qui avait relaté le calvaire vécu alors qu’elle n’avait que neuf ans et avait été kidnappée par le colonel 106 qui avait fait d’elle son esclave sexuelle pendant un mois, jusqu’à ce qu’elle prenne la fuite.

Après 11 jours d’audience, 27 victimes ont déjà témoigné et 70 autres pourront le faire avant la fin du procès.

Pour rappel, le colonel Egangela, ancien commandant du 106ème battalion du Sud Kivu et pour ce fait surnommé colonel 106, est poursuivi par la justice militaire de cette province pour crime de guerre et crime contre l’humanité. Des faits qu’il aurait commis entre 2005 et 2007, avant et après qu’il ait déserté l’armée pour rejoindre une milice locale.

Son procès avait débuté le 11 août dernier et se terminera à la fin du mois en cours. Si trouvé coupable, Egangela pourra ecopé une sentence allant jusqu’à 20 ans de prison.

Un article de The Voice Of Congo

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