RDC : Retour agité au Parlement: Minaku joue au médiateur et Kengo s’attaque aux révisionnistes.

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par Erick Bukula

 

“Comment peut-on prendre le risque d’altérer ce compromis politique sans menacer la cohésion nationale et la paix sociale? Comment peut-on les modifier sans détruire par ce fait même tout l’édifice constitutionnel construit dans la peine? On n’est plus dans la même Constitution, mais dans une autre. S’est indigné Mr Léon Kengo  lors de l’ouvertire de la session parlementaire de septembre.

 

(Kinshasa)- C’est sous vive tension que s’est ouverte, le lundi 15 septembre dernier, la session parlementaire de septembre 2014. Des deux discours prononcés par les présidents respectifs des chambres du Parlement congolais, celui de Léon Kengo Wa Dondo a suscité plus de réactions aussi bien dans la salle des conférences internationales du Palais du Peuple que dans le reste de l’arène politique.

 

Dans ce discours plus long que d’habitude le speaker du Sénat a reaffirmé haut et clair son opposition à une quelconque révision ou modifification de la Constitution du Grand Congo. Mr Kengo a fait appel à sa qualité de juriste et celle d’acteur politique pour faire valoir sa position anti-révisionniste.

 

Invoquant tout d’abord son armure de Co-président des Concertations Nationales, Leon Kengo a rappélé que tous les participants à ces assises, y compris le président Kabila, s’étaient engagés à consolider la cohésion nationale et à sauvegarder le pacte républicain notamment, par le strict respect de la Constitution, particulièrement dans ses dispositions voulues intangibles par le souverain primaire, c’est-à-dire le Peuple.

 

Le leader de l’opposition républicaine a ensuite revêti sa robe de Juriste en rappelant que “l’article 220 et tous ceux auxquels il renvoie constituent le pivot, le socle, l’armature de toute l’architecture constitutionnelle”.

 

“Comment une Constitution qui prévoit des dispositions intangibles peut-elle autoriser les Institutions issues d’elle de modifier lesdites dispositions sans tomber dans un cas flagrant de violation intentionnelle de la Constitution?”. S’est interrogé le juriste de formation et ancien Procureur général de la République qu’est Mr Kengo. Puis d’ajouter : Les dispositions intangibles de la constitution, je pense ici à l’article 220 et tous ceux auxquels il renvoie, constituent le pivot, le socle, l’armature de toute l’architecture constitutionnelle”.

 

Pour cimenter son argument, le 1er sénateur a fait un retour dans l’histoire du Grand Congo en rappelant que la Constitution de février 2006 est issue du compromis de Sun City. Ce dernier étant l’accord qui a mis fin à plusieurs années de guerre en RDC, l’altérer reviendrait à menacer la cohésion nationale et la paix sociale.

 

Comme pour reduire au silence les révisionnistes de la Majorité Présidentielle, le chef du Sénat a paraphrasé leur autorité morale(le président Kabila) lorsque cette dernière s’était engagée à respecter la constitution en ces termes : « Comme les délégués à ces assises, je suis pour le respect de l’esprit et de la lettre de la Constitution de la République dans son ensemble, telle qu’adoptée par le référendum populaire en 2005″.

 

“Il ne faut pas tirer prétexte de la révision pour aboutir à un changement de Constitution” a exhorté Mr Kengo.

 

Minaku le médiateur

 

Cette prise de position de Léon Kengo est susceptible de plonger le Parlement dans un conflit sans merci entre révisionniste et non-révisionniste. Pour ce, son homologue de la chambre basse, Aubin Minaku, a plutôt voulu apaiser les deux camps.

 

Pour ce qui est de l’article 220, qui limitent le nombre et la durée du mandat présidentiel, Mr Minaku a fait savoir que “C’est un débat sans objet parce qu’aucun projet du genre n’a  été déposé au bureau de l’assemblée nationale”.

 

Toutefois, le speaker de l’Assemblée Nationale a admis qu’il y a des discussions sur la révision de certaines autres de ses dispositions mais pas au délà de l’article 197. Et pour plus apaisé la tension à l’interieur de l’Hémicycle, Mr Minaku a jugé bon de lancer la balle à l’exterieur du terrain, c’est-à-dire dans le camp de la population, en déclarant :  “D’ailleurs, à ce sujet, seul le peuple demeure le souverain primaire, l’Alpha et l’Omega de tout processus constitutionnel, au-delà même des prérogatives de toutes institutions de la République’’.

 

C’est un retour en couleur donc au Parlement mais ne faudra-t-il pas craindre que cette session, qui est essentiellement budgetaire ne perde ses vrais couleurs? C’est à dire que ce débat sur la Constitution ne relégue au second plan un débat plus important et primordiale, celui de la lutte contre la  pauvreté, le chômage; celui sur l’amélioration de  l’éducation, de la santé, des infrastructures de base; bref, le débats sur le développement socioéconomique du pays.

Un article de The Voice Of Congo

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