Une visite furtive dans la chambre de Kutino à Nganda

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kutino chambre

«CONGONEWS» a eu accès à la chambre de l’archibis¬hop Kutino Fernando, au Centre hospitalier Nganda. Que chacun imagine par quelle voie puisque le dire dans ces colonnes, c’est ex¬poser ceux qui ont apporté assistance à nos limiers, pas aussi fins comme ceux du confrère mais très efficaces à en juger par les résultats. Convenons que l’essentiel, c’est l’info, les nouvelles. Celles sur Kutino le don¬nent en bonne santé mais toujours interné au Centre hospitalier Nganda après avoir récupéré d’un arrêt cardio-vasculaire. Reste que son bras et sa jambe gauche n’ont pas encore repris tou¬te leur force motrice comme on peut le remarquer sur la photo où le pasteur est pris debout, de pied en cap (Voir page 12). Il lui faudra en¬core de longues séances de kinésithérapie pour recouvrer toute l’aptitude de ses deux membres. Pourvu que le régime se montre réceptif aux recommandations des médecins qui pensent encore garder le malade de crainte que les conditions carcérales de la prison de Makala ne précipitent une rechute. Les médecins de Nganda parlent même d’une évacuation comme la solu¬tion appropriée. D’ici là, il lui est recommandé de pren¬dre abondamment du jus de fruits, question d’alimenter l’organisme en énergie. Ce à quoi il s’applique scrupuleus¬ment comme sur la photo avec une boîte de jus d’oran¬ge bien enpaillée, de mar¬que Twist. Kutino lui-même effleure à peine la question de son évacuation, l’esprit préoccupé par son combat. Apparemment, son long em¬prisonnement -sept ans déjà purgés pour une peine de 10 ans de prison ferme- n’a pas ébranlé son moral. Le sourire qu’il distribue à tous bouts de champ à ses visi¬teurs en apporte la preuve. L’esprit, il l’a très alerte. En tout cas, dans les conver¬sations, ses interlocuteurs retiennent que l’homme de Dieu est très à jour. Résultat de l’assiduité à s’informer au quotidien depuis sa cellule comme sa chambre d’hô¬pital aujourd’hui par les ta-bloïds qu’il lit à longueur de journée ou par la télé avec la télé-commande toujours à la portée de sa main. Il dit lui-même que c’est plus la foi qui le maintient dans ce «spirit fighting». Il l’affirme La Sainte Bible au chevet de son lit, cette Bible qu’il ne quitte pas ou qui ne le quit¬te jamais. Tout autant que la foi, il y a une espérance humaine qu’il reçoit régu¬lièrement des visites de son épouse Emi Kutino, la brave qui a continué à porter l’égli¬se «Armée de victoire» com¬me si l’archibishop n’avait jamais été absent un seul jour. Si bien qu’elle est deve¬nue aujourd’hui l’icône d’une femme appelée à se battre à la suite de l’infortune du mari. Emi elle-même ne s’en flatte pas. Elle attribue cet¬te force qui la porte chaque jour à la grâce divine. Elle et son mari ont en commun, l’espérance. L’espérance dans les choses que l’on ne voit. Cette espérance qui fait que Kutino ne regrette nulle¬ment de se retrouver là, en détention pour avoir elevé la voie pour la juste cause, celle du peuple. Il sait que ce peuple communie avec lui et n’attend que sa libé¬ration pour poursuivre la lutte. Avant que les limiers de «CONGONEWS» ne quit¬tent Nganda, une voix indis¬crète a tenu à préciser que Mgr Laurent Monsengwo n’a jamais mis son médecin à la disposition de Kutino. «Mgr Laurent Monsengwo est un homme discret. Même s’il l’avait fait, il n’aurait pas crié sur le toit», a déclaré la source. A l’entrée de la chambre de Kutino, deux po¬liciers y sont commis en fac¬tion de jour comme de nuit. Déjà à l’entrée de l’hôpital, tout visiteur pour Kutino est reçu par un autre policier pour l’escorter jusqu’auprès de deux autres. Il suffit de tirer l’attention pour dénicher bien d’autres agents en civils remarquables par leurs tics.

MATTHIEU KEPA

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