Vital Kamerhe : un opposant stratège

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Les exégètes de Vital Kamerhe sont très bien servis ces derniers jours. Il ne se passe plus un jour sans que les médias ne leurs fournissent matière à décryptage sur le mode opératoire kamerhiste.

En fait, Kamerhe accapare l’actualité, depuis des semaines, pour le bien de ceux qui trouvent en lui le cheval de l’alternance en 2016. Que des attaques médiatiques dirigées contre sa personne qui se sont cristallisées avec le rebondissement d’une persécution judicaire sous le couvert d’un procès pour “imputations dommageables” à l’initiative de Wivine Moleka. La page n’est pas encore tournée que l’avion de Kamerhe en route pour Goma a été interdit de décoller de l’aérodrome de Ndolo et le voyage annulé.

Scénario analogue à l’aéroport de N’djili, 48 heures plus tard, dans la matinée dominicale du 9 février. Cette fois-ci, il ne s’agissait pas d’un aéronef affrêté comme à Ndolo mais d’un régulier de la compagnie CAA à bord duquel Kamerhe allait embarquer avec une délégation d’une quarantaine de personnes pour la même destination. A huit heures, l’embarquement était terminé. Le pilote n’attendait plus que son passager VIP prenne place en business. C’est alors que des bruits ont traversé le fuselage pour pousser les passagers à regarder par les hublots. A l’extérieur, Kamerhe était bloqué au pied de l’avion par une escouade des agents de la DGM -Direction générale de migration- déterminés à l’empêcher d’emprunter la passerelle. ça faisait trop pour le même Kamerhe déjà donné, en début de la semaine dernière, pour condamné à trois ans de prison ferme avec arrestation immédiate.

Trop pour entendre ses détracteurs l’accuser de chercher à faire le “one man show” en rivalité avec Etienne Tshisekedi wa Mulumba lorsque des mauvaises langues n’ont pas carrément fait allusion à une mise en scène convenue avec le pouvoir. Ni l’un, ni l’autre pour quiconque observe d’un oeil averti. Ce sont plutôt des manifestations d’un régime apeuré par la perspective sans issue de 2016 et ne faites surtout pas le reproche à celui qui en constitue la cible -donc la victime- de savoir en tirer parti. Des manifestations qui se muent en maledresses répétées de la part d’un pouvoir en panne de schéma à la suite du cuisant échec des Concertations nationales convoquées pour opérer une prolongation dérobée. D’où l’irritation chez les tenants du pouvoir à chaque fois qu’ils sentent chez un challenger une intuition pour 2016. En réponse à ces incertitudes, la stratégie de couper toutes les têtes susceptibles de troubler le plan post-concertations encore en laboratoire.  Quand Kamerhe projette d’aller haranguer foule à Goma, il ne recherche pas l’effet d’annonce d’autant qu’il sait que c’est là-bas qu’il fera le plus mal.
Néanmoins, il ne s’attend pas à ce que le pouvoir lui facilite la tâche. En fin stratège, il anticipe. Nuit et jour, il travaille avec ses hommes -une équipe des gens rodés- sur les différentes hypothèses.

Chaque détail est étudié soigneusement. Comme à la dernière occasion quand Richard Muyej a sollicité de Kamerhe de post-poser son voyage pour Goma dans l’attente d’une concertation projetée 48 heures plus tard. Le oui de VK n’a pas attendu mais à condition que le ministre de l’Intérieur publie, dans l’entre-temps, un communiqué officiel dans lequel il assume le report. Jusque samedi 8 février tard dans la soirée, Muyej n’avait toujours pas donné de suite à cette demande pourtant légitime. Kamerhe a pris acte de sa mauvaise foi et lendemain, il s’est présenté à N’Djili. Il a été empêché de voyager mais il n’a rien perdu. En tout cas, les gens à Goma savent qu’il a été empêché. Ils continueront à l’attendre. S’ils ne communient pas avec eux d’ici là, ça servira à quelque chose en 2016.

A contrario, s’en remettre à la proposition de Muyej aurait causé d’énormes dégâts politiques dans le Nord- Kivu où l’assassinat du Colonel Mamadou Ndala charrie encore une importante charge émotive pour que le pouvoir concède à Kamerhe d’en parler dans un meeting populaire. Sûrement que les mêmes qui ont pensé à la proposition allait retourner la situation contre Kamerhe. Donc, stratégie contre stratégie pourvu de savoir faire la course de fond jusqu’en 2016. A l’avantage des hommes en place, la possibilité qu’ils ont d’utiliser les moyens de l’Etat contre les adversaires.

Pour le reste, Kamerhe en connaît le secret pour continuer à donner des sueurs froides à Joseph Kabila. Il a déjà surpris ses railleurs -notamment Francis Kalombo- qui se gaussaient qu’ils n’avaient plus le moindre sou avec sa caravane de paix à l’Est à la tête d’une délégation de plus de 60 personnes, à considérer les équipes d’avance déjà présentes à Goma et Bukavu. Faites le compte pour une prise en charge de cette importance,  -et pour un séjour d’une dizaine des jours -billets d’avion, hôtels, restauration, commodités et déplacements motorisés de la délégation d’une localité à une autre compris.

(Avec CongoNews)

2 COMMENTS

  1. le parti politique de kamehre vient a peine de recevoir de USAID une importante somme
    d’argent. kamehre n’est pas un grand stratege car on est pas encore tres proche des elections
    de 2016. il veut seulement semer les troubles. la mort du colonel mamadou, l’organisation du festival
    Amani qui est initiee par madame Olive lembe ce week-end au nord-kivu. Vous comprenez quel jeu veux
    jouer ce monssieur kamehre. mais moi je ne peux pas qualifier cela du stratege. merci

  2. bakowelela kivu ye na olive kablia ndenge nazomona ye pe on dirait abandi campagne ,mais akozala na avantage po basi bazali majoritaire na congo

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